jeudi 29 mars 2007

Une querelle de saisons !

Aujourd’hui, il fait beau. Simplement. Le printemps se fait pressant. Il nous fait comprendre qu’il entend bien retrouver la place que lui a ravie l’hiver, son éternel ennemi. J’ai bien essayé de calmer le jeu. Rien n’y fait. Je suis au centre d'une querelle de saisons ! Qui l'eût cru ? Même Antonio (Vivaldi), dans ses beaux airs, ne réussit pas à calmer cette arrivée printanière intempestive qui bouscule, disons-le, mes habitudes. Les variations de température distillent en moi des espoirs fous : pratiquer mon sport d’hiver préféré, la marche sous les flocons, ou pratiquer la marche sous un soleil radieux. C'est tout l'un, ou c'est tout l'autre. Ne vous moquez pas. Le désordre complet, vous dis-je. Mon jeune neveu a le bon mot en de telles circonstances : " il faut faire avec ". Pour que je livre ainsi ces quelques pensées à votre lecture, faut-il que je sois perplexe !


Je suis d'une nature simple. Non pas simplet. Ma vie est simple et régulée par le rythme des saisons. Jusqu’à ce dernier hiver. J’y ai perdu mon sens de l’orientation. Froid un matin. Chaud l’autre matin. Rude un matin, Doux l’autre matin. Emmitouflé un matin. Presqu’en maillot de bain, le lendemain. Dure dure ma vie ! Je ne retrouve plus cet ordre dans le désordre, comme l'enseignait mon vieux maître, Thomas d'Aquin : les saisons bien campées dans leur rôle qui se cèdent mutuellement et poliment la place. Voilà.


À ce désordre climatique, il faut maintenant ajouter une confusion de sentiments. Le combat de Mars, redoutable, contre Vénus, l'angélique.


Je vais mettre le nez dehors, gonflé à bloc ; tout de même un peu craintif, je vais me hasarder à préparer mon programme du printemps, ressortir des cartons « boule-à-mités » (expression très très québécoise) mes fringues plus légères pour ne pas alourdir mon pas de marche. Je vous parie qu’aussitôt cette entreprise amorcée, l’hiver poindra à nouveau le nez avec ses flocons tout mignons pour venir interrompre ma marche solitaire. Vivement le foulard et les mitaines.


Et ce blog aujourd’hui qui est occupé par les contestataires de tout poil. Rien ne va plus. Pour preuve, cliquez ici.


Oui dure dure la vie quand on se sent redevenu gamin ! Me faudra bien retrouver mon équilibre et ma plume plus sérieuse, nom d'une pipe !


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mercredi 28 mars 2007

Aux États-Unis, un bébé sur quatre mangerait des frites une fois par jour

Le quotidien Le Journal de Montréal (Édition du dimanche, 25 mars 2007) relate une vaste étude américaine « Feeding infants and toddlers study: What foods are infants and toddlers eating ? » selon laquelle un bébé, âgé de 4 à 24 mois, sur quatre mangerait des frites une fois par jour. Selon la diététiste québécoise, Louise Lambert-Lagacé, le Québec ne serait pas si éloigné de ses voisins du Sud.

Les données statistiques qui se dégagent de cette étude américaine sont :

  • Les frites arrivent au troisième rang des légumes les plus consommés ;
  • De 20 à 27 % des bébés mangent des hot-dogs, des saucisses et des viandes fumées avant d’atteindre l’âge de 12 mois ;
  • De 18 à 33 % des bébés ne consomment aucun légume dans une journée ;
  • De 23 à 33 % des bébés ne mangent aucun fruit dans une journée ;
  • 70 % des bébés mangent un dessert sucré au moins une fois par jour.

On ne devient pas obèse du jour au lendemain : l'enfant se met à "prendre du poids de façon excessive" souvent très progressivement, si bien que la plupart du temps, on ne s'en rend pas compte au début.

L'obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l'Histoire.

  • Sur 6 milliards d'individus, 3 milliards sont sous-alimentés et les autres sont en train de devenir obèses.
  • 50 % des américains sont en surpoids et 25 % franchement obèses.
  • Dans certaines îles du Pacifique, l'obésité affecte près de deux tiers de la population.
  • L'Europe compte 30 % d'adultes en surpoids et le nombre d'enfants obèses a doublé en cinq ans.
  • On dénombre en France 8 millions d'obèses, de 100 000 à 200 000 obésités massives (IMC > 40). Un tiers de ces patients sont hypertendus, un tiers diabétiques et un tiers hyperlipidémiques.
  • Le taux d’obésité infantile devrait doubler d’ici la fin de la décennie et 218 millions d’enfants dans le monde seront concernés.

Les chiffres disponibles témoignent aussi d’une diminution rapide des disparités entre les parties occidentale et orientale de la Région en matière de prévalence. À l’heure actuelle, on estime à près de 400 millions le nombre d’adultes en surcharge pondérale et à environ 130 millions le nombre d’obèses dans la Région. Selon les pays, entre 32 et 79 % des hommes adultes et entre 28 et 78 % des femmes souffrent de surpoids ou d'obésité en Europe. La France se situe à un niveau plutôt moyen, avec 49 % des hommes et 35 % des femmes concernés.


La situation des enfants est préoccupante, avec des taux élevés de surpoids au Portugal (32 % des enfants de 7 à 9 ans), en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en France (18 %). En France, la prévalence de surcharge pondérale et d’obésité infantiles a augmenté de 3 % en 1960 à 16 % en 2000. En Pologne, cette prévalence est passée de 8 à 18 % entre 1994 et 2000. La Hongrie signale que 20 % de ses enfants âgés de 11 à 14 ans sont obèses et que 6 % des enfants atteints d’obésité souffrent d’hypertension. Cette hausse s’est accélérée au cours de ces dernières années : selon le Groupe de travail international sur l’obésité, la croissance annuelle de la prévalence qui était d’environ 0,2 % au cours des années 70 est passée à 0,6 % dans les années 80 et à 0,8 % au début des années 90. Dans certains cas, elle a même atteint les 2,0 % au début des années 2000. Les experts notent une accélération rapide de l’augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité : de 0.2% dans les années 70, elle est aujoud'hui de 2% par an, soit 400 000 jeunes européens en surpoids ou obèses en plus chaque année.



Selon un rapport de l’International Obesity Task Force (IOTF), rendu public en mars 2005, un enfant sur 5 est en surpoids ou obèse en Europe. C’est dans la région méditerranéenne, réputée pour son alimentation saine, que l’on trouve la plus forte prévalence : certains pays présentent même une proportion d’enfants en surpoids supérieure à celle des États-Unis estimée à 30%.




Selon une étude de Statistique Canada sur l'obésité chez les Canadiens, une fois qu'une personne fait de l'embonpoint, elle est plus susceptible de prendre d'autres kilos que d'en perdre. L'étude a révélé que presque le quart des Canadiens faisant de l'embonpoint en 1994-1995 étaient obèses en 2002-2003. Par contre, une proportion deux fois plus faible, soit environ 10 %, de personnes qui faisaient de l'embonpoint au départ avaient un poids santé huit ans plus tard.



Selon un rapport du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes canadienne, 26 % des jeunes âgés de 2 à 17 ans font de l'embonpoint ou sont obèses. Cette proportion est presque deux fois plus élevée qu'il y a 20 ans. La situation est pire chez les autochtones alors que près de 55 % des jeunes ont des problèmes de surpoids.


Pour la première fois de l'histoire, l'espérance de vie des jeunes Canadiens est même inférieure à celle de leurs parents.

En terminant, un sujet fait débat en Grande-Bretagne, tel que raconté par RTBF. Il est, par certains aspects, une caricature de notre société. Une mère pourrait se voir retirer la garde de son enfant pour maltraitance. Les médecins lui reprochent d'avoir trop nourri son fils… Connor a huit ans, il pèse 84 kilos, trois fois le poids des enfants de son âge. Il a déjà détruit quatre lits, fracassé six sièges de toilette et écrasé cinq bicyclettes. Il est à bout de souffle après cinq minutes de marche. Connor est élevé par sa mère. Lorsqu'il était bébé, elle lui donnait un biberon toutes les heures et à 18 mois l'habillait déjà en cinq ans. Il ne mange que des saucisses, des hamburgers, des chips et refuse tous les fruits et légumes, explique sa mère.


Un responsable du service de santé assure que de multiples visites ont été proposées par les nutritionnistes à Connor et à sa mère, mais qu'ils ne sont jamais venus. Une commission des services de protection de l'enfance - composée de médecins, travailleurs sociaux, enseignants, policiers - pourraient décider d'enlever Connor à la garde de sa mère estimant que la manière dont il est nourri équivaut à des violences sur l'enfant. Cette commission pourrait aussi l'inscrire sur le registre des enfants en danger comme les enfants subissant des violences physiques ou sexuelles.

Note

Pomme de terre n. f. [pl. pommes de terre].

La première erreur que nous faisons souvent est d’appeler "patate" ce qui se nomme "pomme de terre". La confusion vient de l’anglais, où "potato" désigne ce légume. Et comme il existe une véritable patate, il n’en fallait pas plus pour que nous passions des "pommes de terre frites" aux "patates frites". La pomme de terre est un tubercule, soit une excroissance des racines. Il en existe plus de 125 variétés, mais seulement une trentaine sont comestibles et une fraction de celles-ci sont commercialisées.

Les pommes de terre se divisent en deux grandes catégories : les pommes de terre riches en amidon et les pommes de terre pauvres en amidon. La pomme de terre Russet (aussi appelée Idaho) ainsi que les Yukon Gold, bintje sont des exemples de pommes de terre riches en amidon. Les pommes de terre nouvelles et les rouges sont des exemples de pommes de terre pauvres en amidon. Un mot sur la pomme de terre nouvelle : il s’agit d’une pomme de terre récoltée avant maturation. Toutes les variétés de pommes de terre peuvent donc être des pommes de terre nouvelles. On les reconnaît par leur peau qui s’effrite lorsqu’on la frotte avec les doigts. Étant immatures, elles sont donc pauvres en amidon.

Contrairement à la croyance populaire, la pomme de terre ne fait pas engraisser. Ce sont plutôt les à-côtés qui ajoutent les kilos : beurre, crème, crème sûre, morceaux de bacon, huile, etc. En fait, la pomme de terre est un aliment équilibré, sain et qui mérite d’être ajouté à toute alimentation variée. La pomme de terre est riche en fibres et protéines. De plus, elle possède de nombreux minéraux et vitamines : vitamine C, vitamine B, fer, potassium. En fait, une pomme de terre de taille moyenne contient même 45% de l’apport quotidien recommandé en vitamine C ! Et tout ça pour environ 120 calories.



Voir également De ce côté-ci de l'Amérique : bouffer à mourir


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mardi 27 mars 2007

Québec : gouvernement minoritaire et mise en veille de l'option souverainiste

Elections Québec 2007Le Québec vient de se donner un gouvernement libéral (PLQ) minoritaire. Le parti québécois (PQ) vient de se voir reléguer au rang de troisième partie d’opposition, derrière le parti de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Le premier ministre, Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, estime que les Québécois ont rendu un jugement sévère. Selon lui, le Québec entre dans une ère nouvelle. Monsieur Charest a obtenu 48 sièges à l’Assemblée nationale sur 125.


Le nouveau chef de l’Opposition officielle et chef du Parti de l’Action démocratique du Québec (ADQ), monsieur Mario Dumont, estime que les Québécois veulent « un bon gouvernement qui s'occupe de la vie quotidienne des gens ». Mieux, il a décrit l'issue de cette élection comme une nouvelle « page d'histoire » tournée par les Québécois. Il a ajouté que « les citoyens ont mis sous surveillance le Parti libéral, nous allons exercer cette surveillance ». Monsieur Dumont a obtenu 41 sièges à l'Assemblée nationale sur 125.


Le chef du Parti québécois (PQ) a obtenu 36 sièges à l’Assemblée nationale sur 125. Il perd son poste de chef de l’Opposition officielle. « Quelques sièges uniquement nous séparent du pouvoir », a dit en fin de soirée le chef péquiste. Le chef péquiste a rappelé sa vision de l'idée de souveraineté, qui s'inscrit selon lui dans un continuum historique, au moment où le Québec « célèbre 400 ans en Amérique du Nord, et qui le célèbre en français ».


Lors de la dissolution de l'Assemblée nationale, le 21 février, le Parti libéral détenait 72 sièges sur 125, le Parti québécois 45, l'Action démocratique cinq et un député siégeait comme indépendant. Deux sièges étaient vacants.


Pour le quotidien anglophone de Toronto, The Globe and Mail, « les citoyens s'apprêtent à prendre leur revanche ». Revanche contre le clivage traditionnel fédéraliste-souverainiste. Pour Lysiane Gagnon, l'insatisfaction des citoyens explique en partie la montée en puissance de l'ADQ et le débat sur les accommodements raisonnables des minorités religieuses a été un moyen de cristalliser cette insatisfaction. Quant à la percée de Mario Dumont, elle témoigne de la « fin d'un duel entre fédéralistes et souverainistes dans le débat politique » observe la journaliste pour qui « Mario Dumont a tiré son épingle du jeu pendant la campagne ». Elle avance aussi qu'une partie du succès de l'Action démocratique du Québec tire son origine dans le profond ressentiment qui existe entre Montréal et les régions, où la différence pourrait se jouer.


Pour le Nouvel Obs : « Ces résultats posent de graves questions au Parti québécois et à la mouvance souverainiste de la province. Sous André Boisclair, le parti est en effet tombé à son plus bas niveau de soutien populaire depuis des décennies et décroche le plus petit nombre de sièges depuis 1989 ».


Pour Michel Auger, du quotidien La Presse : « Le gouvernement Charest aura mal lu l’opinion publique qui croyait que la solution du problème du déséquilibre fiscal devait aller aux services gouvernementaux comme la santé ou l’éducation. En allant à l’encontre d’un tel consensus en toute fin de campagne, les libéraux se sont retrouvés à mécontenter doublement les électeurs en leur rappelant aussi les promesses brisées des libéraux sur les baisses d’impôt ».


Source : Société Radio-Canada, Google Actualités



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lundi 26 mars 2007

La Grande Bretagne a peur de ses enfants

A en croire une enquête de l'Institute for Public Policy Research, la Grande-Bretagne considère ses jeunes comme une menace, plus que dans d'autres pays européens. Le taux de natalité en baisse et une société vieillissante pourraient contribuer notamment à l'intolérance à l'égard d'une jeunesse tapageuse. « Les adultes ne supportent plus les enfants bruyants dans les rues », juge Stuart Waiton, du groupe de recherche Generation Youth Issues.


Signe de cette peur, il ne se passe pratiquement pas un seul jour sans que les adolescents fassent la Une des médias. Pour les tabloïds, ils sont les «hoodies» (terme venant du mot «capuche') ou les «chavs» (pour les vêtements de sport portés par les jeunes issus de la classe ouvrière), prompts au «binge-drinking» (biture express), enclins à commettre des actes de délinquance...


Le gouvernement a sa propre terminologie pour les jeunes en difficulté, de NEETS - « not in employment, education or training » (jeunes sans emploi, en dehors du système d'éducation ou de formation) - à ASBOs - « anti-social behavior orders » (mesures ordonnées en cas de comportement antisocial).


L'UNICEF affirmait en février 2007 que les jeunes en Grande-Bretagne sont les plus malheureux des pays développés. La Grande-Bretagne dégringole à l'avant-dernière place du classement pour ce qui est de la pauvreté des enfants, et carrément en dernière position pour la rubrique «relationnel», qui mesure des facteurs comme le nombre de familles monoparentales, ou le temps passé en compagnie d'amis ou de proches. Les jeunes Britanniques sont en tête du classement pour les comportements à risques, boisson, drogue et sexe. Près d'un tiers des 11-15 ans auraient déjà été ivres deux fois ou plus, soit le niveau le plus élevé de tous les pays étudiés.


«Il y a toujours eu en Grande-Bretagne une culture un peu anti-enfants», observe Julia Margo, l'un des auteurs d'un rapport sur la jeunesse britannique de l'Institute for Public Policy Research, groupe de réflexion de centre-gauche. «Il y a (aussi) un grand nombre d'enfants qui traînent dans les rues sans rien à faire», dit-elle. Le tout «contribue à la pédophobie».


D'après l'enquête de l'institut, les adultes britanniques, plus que ceux d'autres pays européens, ont peur des jeunes. Face à des adolescents en train de vandaliser un abribus, les Britanniques ne sont que 34% à dire qu'ils tenteraient de les arrêter, contre 65% d'Allemands et 52% d'Espagnols.


À l'enquête de l'UNICEF, Londres avait pourtant répliqué que ces données avaient été réunies entre 2001 et 2003 et que des progrès avaient été enregistrés depuis dans nombre de secteurs. L'opposition avait pointé du doigt l'effondrement des valeurs familiales, et la culture du «moi d'abord», le parlementaire conservateur Alan Duncan déplorant une érosion de l'autorité.


Rare voix adulte à soutenir les jeunes, l’éditorialiste Barbara Ellen salue, pour sa part, dans The Observer, leur esprit de rébellion, qui a si souvent donné naissance à des sous-cultures dignes d’intérêt, punk ou pop : « When listening to British children talking about the spiritual wasteland that is their existence, those nice Unicef people with their clipboards failed to include the most crucial factor of all - the contrary bolshie nature of the people they were talking to; the fact that British teenagers have always loved nothing more than to pose, bitch, rebel, slag everything and everyone off, and blow endless anti-establishment raspberries ».


Sources : Cyberpresse, 20minutes, De ce côté-ci de l’Amérique





vendredi 23 mars 2007

Nouvelle dérive : voter avec ou sans le voile ?

Il y aura élections le lundi 25 mars 2007 au Québec. L’organisation et l’application des lois en période d'élections relèvent de l’autorité du directeur général des élections. Geste éminemment civique, il s’agit d’élire un gouvernement pour les quatre prochaines années.


En tant que gardien des bonnes pratiques, le directeur général des élections vient de lancer un pavé dans la mare : les musulmanes qui portent le niqab, le voile islamique qui leur couvre entièrement le visage, pourront voter en toute quiétude, lundi prochain au Québec, sans avoir à le retirer pour prouver leur identité.


Niqab Pour exercer son droit de vote, la musulmane voilée n'a qu'à présenter deux preuves de résidence ou encore être accompagnée d'une personne - non voilée - attestant de son identité. Le fait d’être accompagnée par un adulte certifiant son identité suffira, selon une directive du Directeur général des élections du Québec.


La porte-parole du groupe islamique canadien Cair Can estime qu'il s'agit d'une idée intéressante, mais inutile. Sarah Elgazzar rappelle en effet que la plupart des femmes qui portent un niqab se dévoilent lorsqu'elles vont à la banque, à condition que ce soit devant une autre femme.


La réaction est telle que le directeur général des élections (DGE) du Québec appréhende des réactions diverses lors du scrutin. Techniquement, des électeurs pourraient se présenter cagoulés, coiffés d'un sac de papier ou encore affublés un masque.

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Dernière heure

À la suite de cette controverse, le Directeur général des élections a pris la décision d’obliger les électeurs à voter à visage découvert lors du scrutin de lundi prochain.

Pierre R.


Le retour

Le retour de Daniele Mastrogiacomo, le journaliste, a suscité l’émotion dans le pays, l'Italie. À la demande du magistrat italien chargé de l’enquête, il n’a pas commenté immédiatement son emprisonnement aux journalistes. Il l'a fait dans la Repubblica, son journal. Ajmal Nakshbandi est toujours aux mains des talibans, de jeunes guerriers « sans culture ni expérience humaine », qui « vénèrent les armes » et la prière.


La mort du chauffeur fut un des évènements les plus effroyables de cette prise d’otages : l’acte inhumain « dura longtemps », écrit Mastrogiacomo : « Quatre jeunes gens saisissent le chauffeur et lui mettent le visage dans le sable. Ils lui tranchent la gorge et continuent jusqu’à séparer la tête du corps » (…). Il n’a pu dire un seul mot. Ils nettoient le couteau sur sa tunique et attachent la tête coupée au corps, puis l’emportent à la rivière et l’y jettent ». […] « Ils n'ont pas de maison, vivent toujours en se déplaçant, ils reviennent dans leur famille une fois tous les 40 jours. Ils n'ont pas de salaire, font tout gratuitement, ils ont seulement le goût et le plaisir de combattre pour leur cause ». […] « Cela n'a pas été une séquestration mais une torture. Psychologique et physique, mentale, religieuse, politique, existentielle. Quinze jours qui m'ont marqué comme quinze ans. A l'intérieur et à l'extérieur. Dans mon être profond, dans mon subconscient ». Daniele Mastrogiacomo


Le retour de Daniele Mastrogiacomo suscite maintenant la controverse dans le pays, l'Italie.


« Si c'est le juste prix qu'on a choisi de payer pour sauver la vie de Mastrogiacomo, il revient (au gouvernement) de montrer que l'Italie est encore capable de remplir son rôle en Afghanistan sans devenir le maillon faible de l'alliance internationale », écrit La Stampa.


Ajmal Nakshbandi est toujours aux mains des talibans, de jeunes guerriers « sans culture ni expérience humaine », qui « vénèrent les armes » et la prière. Il n'est pas italien.


Ainsi va la vie.



Pierre R.


 


 

jeudi 22 mars 2007

Le juge Garzon croit "venu" le temps de traduire Bush devant un tribunal

Le juge espagnol Baltasar Garzon, qui avait cherché à faire juger Augusto Pinochet, estime qu’il est temps que le président américain George Bush et ses alliés soient traduits devant un tribunal pour répondre du conflit irakien. Dans une tribune publiée le 20 mars 2007, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion du pays par les États-Unis et leurs alliés, le juge Garzon affirme que le conflit irakien a été « l’un des épisodes les plus sordides et les plus injustifiables de l’histoire récente de l’humanité ». […] « Nous devrions étudier plus attentivement l’éventuelle responsabilité pénale des personnes qui sont, ou qui ont été, responsables de cette guerre et voir s’il existe suffisamment de preuves pour qu’elles en répondent », écrit le magistrat dans le quotidien El Pais.


Le 16 mars 2004, un rapport de la Chambre des représentants préparé par le démocrate Henry Waxman dresse l’inventaire des exagérations, approximations et mensonges dont l’administration Bush s’est rendue coupable afin de favoriser l’invasion de l’Irak. « Notre banque de données a recensé 237 déclarations trompeuses faites par le président Bush, le vice-président Cheney, le secrétaire [à la défense] Rumsfeld, le secrétaire [d’État] Powell, la conseillère pour la sécurité Rice. Ces déclarations ont été faites au cours de 40 discours, 26 conférences de presse, 53 entretiens, 4 déclarations écrites, et 2 dépositions devant le Congrès. La plupart des déclarations étaient trompeuses parce qu’elles exprimaient une certitude là où il n’en existait aucune, ou omettaient de mentionner les doutes des services de renseignement. Mais 10 de ces déclarations étaient purement et simplement fausses » (Le Monde diplomatique).


Ce 22 mars 2007, combien de mensonges nouveaux dénombrerions-nous ?


Henry Waxman, le président démocrate de la Commission de la Chambre des représentants sur la réforme du gouvernement, révèle, en février 2007, au cours d'une intervention qui fera date, que : « En treize mois, entre mai 2003 et juin 2004, la Réserve fédérale à New York a expédié en Irak près de 12 milliards de dollars en espèces. Pour ce faire, elle a dû emballer 281 millions de billets, dont 107 millions de billets de 100 dollars. Les chiffres sont si importants qu’il paraît impossible qu’ils soient vrais ». L’argent a été dépensé ou a disparu dans d’improbables circuits. Selon Stuart Bowen, l’inspecteur spécial pour la reconstruction de l’Irak, 8,8 milliards de dollars ont été distribués « sans certitude que l’argent serait utilisé correctement ». Le mémorandum remis à la Commission Waxman exprime son pessimisme: « Il apparaît que beaucoup de ces fonds ont été perdus par corruption ou gaspillage, des milliers d’«employés fantômes » recevaient des sommes de l’Autorité provisoire de la coalition (CPA, sous contrôle américain). Certains de ces fonds pourraient avoir enrichi des criminels et des insurgés qui combattent les États-Unis ».


 


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Georges W. BushTout va de mal en pis pour Georges W. Bush qui s’était très certainement fait une autre idée de la fin de son deuxième mandat. L’affaire Valérie Plame, les photos des tortures d’Abu Ghraïb, les vols secrets de la CIA, les abus du FBI, les écoutes illégales de la NSA, les accusations d’ingérence politique dans le renvoi de sept procureurs fédéraux : le président américain George W. Bush multiplie les efforts pour ne pas offrir à ses adversaires démocrates la tête d'un deuxième ministre éminent en moins de cinq mois.


Après l'affaire Libby, du nom de l'ex-directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney, une autre tête vient de tomber : le chef de cabinet du ministre de la Justice, Kyle Sampson. La position du président Bush est d’autant plus fragilisée que des voix critiques au sein de son propre camp politique ne se gênent plus pour exiger la démission du ministre de la Justice, Alberto Gonzales. Les sénateurs républicains, John Sununu et Gordon Smith, ont en effet rejoint les Démocrates ce sens.


Les procureurs sont nommés par le président pour quatre ans. Ils sont chargés d'appliquer la politique pénale et ils sont révocables à tout moment sans justification. Les républicains ne se sont d'ailleurs pas privés de rappeler que Bill Clinton avait renvoyé les 93 procureurs fédéraux d'un seul coup. Cette fois, la polémique a pris une certaine ampleur autour du départ forcé de huit procureurs fédéraux, dont certains chargés d'enquêtes sensibles pour le pouvoir, après que certains d’entre eux eurent témoigné avoir subi des pressions d'élus républicains et que des documents eurent révélé que de hauts responsables de la Maison-Blanche étaient impliqués. « Beaucoup parmi nous croient que cela vient du fait que (les procureurs) étaient en charge de dossiers de corruption publique, et ils ont payé le prix pour avoir fait leur travail », a déclaré à la chaîne CNN le parlementaire démocrate Rahm Emmanuel.


Portée par l’ancienne responsable des services juridiques de la Maison Blanche et fidèle de longue date de M. Bush, Harriet Miers, il y aurait eu, en 2005, une volonté, de remplacer les 93 procureurs. Cette initiative a finalement été abandonnée en faveur d’une démarche plus en finesse de Karl Rove, conseiller politique du président, qui aurait alors préféré garder les procureurs considérés comme politiquement loyaux - les «loyal Bushies» comme les appelle le renommé quotidien Washington Post - et limoger, en revanche, ceux qui se montreraient trop embarrassants pour la Maison Blanche. De nombreux fonctionnaires dans la Division des droits civiques du ministère auraient été remplacés par des activistes de la « Federalist Society » et autres gens d’extrême droite.


Un nouveau mensonge tente de corriger le tir : après qu'Alberto Gonzales eut affirmé que la Maison Blanche n'avait rien à voir avec les limogeages, 150 pages de documents et de courriels sont apparus sur la place publique, certains attestant de discussions durant depuis plus de deux ans avec Harriet Miers Karl Rove. Rove a survécu à plusieurs controverses, y compris l'affaire Valerie Plame, qui a causé la perte de Lewis (Scooter) Libby, ancien chef de cabinet du vice-président. « Je n'ai jamais soulevé aucun cas particulier, et je n'ai jamais donné d'instructions particulières », a déclaré George Bush. Le secrétaire américain à la Justice, Alberto Gonzales, a, après coup, reconnu qu'il aurait dû être plus alerte dans le scandale du renvoi de huit procureurs fédéraux.


Charles Schumer, sénateur de l'État de New-York, a qualifié de « faible » l'excuse présentée par le procureur général, Alberto Gonzales. Au Sénat, il a encore une fois rappelé que ce dernier ne devrait pas être en poste s'il ne savait pas que huit procureurs fédéraux allaient être congédiés. Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2008 et sénatrice de New York, s'est également jointe à la liste de ceux qui réclament la démission de M. Gonzales.


Il y a pire. Un collège de la Chambre des représentants a approuvé la convocation devant un grand jury de Karl Rove, conseiller politique du président américain George W. Bush. Le président démocrate de la commission des Affaires judiciaires de la Chambre, John Conyers, est donc autorisé de convoquer, pour comparaître sous serment, Harriet Miers, l'ancienne responsable des services juridiques de la Maison Blanche ainsi que deux assistants afin que ces personnes répondent du limogeage controversé ces derniers mois de huit procureurs fédéraux.


Le président Bush a proposé que les personnes concernées témoignent plutôt à huis-clos, sans avoir à prêter serment, afin d'éviter le spectacle médiatique d'une audition de Karl Rove, considéré comme son éminence grise. Seule concession, certains d'entre eux pourraient débattre avec des congressistes mais sans avoir prêté serment et sans que leurs propos ne puissent être repris ultérieurement. « Je m'opposerai à toutes les tentatives pour citer à comparaître des responsables de la Maison Blanche », a dit George W. Bush dans une déclaration très vigoureuse devant la presse. Face à l'impasse, M. Bush a menacé d'attaquer les démocrates en justice pour empêcher la convocation de ses collaborateurs, et l'affaire pourrait finir devant la Cour suprême américaine. Le but recherché par le président américain est de protéger son ministre de la Justice, important allié dans le déroulement de la guerre contre l'Irak, et d'autre part d'essayer d'étouffer une nouvelle affaire gênante alors que la controverse se poursuit sur plusieurs dossiers relatifs à la gestion de la guerre contre l'Irak.


Ce n’est pas la première fois qu’Alberto Gonzales est citée par la presse. Il avait fait l'objet d'une vive controverse pour sa participation à l'élaboration de la politique de l'administration Bush sur le traitement des prisonniers capturés dans le cadre de la lutte contre le terroriste. En 2001, alors qu'il était conseiller juridique à la Maison-Blanche, il considérait que les terroristes d'Al-Qaïda ne jouissaient pas des droits établis par la Convention de Genève. Le 25 janvier 2002, Alberto Gonzales remit au président Bush un mémo indiquant que « la guerre au terrorisme est une nouvelle forme de guerre », « ce nouveau paradigme rend obsolètes les strictes limitations des Conventions de Genève sur l’interrogatoire des prisonniers ennemis et rend caduques certains de leurs dispositions », une analyse en droite ligne de celle qu’il avait formulée au Texas sur l’applicabilité de la Convention de Vienne. C’est en vertu de ce document que les prisonniers détenus à Guantanamo ne sont pas protégés par les Conventions de Genève. Le 1er août 2002, Alberto Gonzales franchit un pas de plus en approuvant dans un nouveau mémo le recours à la torture. C’est ce document qui a servi de base légale à la généralisation de la torture en Afghanistan et en Irak, notamment sur la base militaire de Bagram et à la prison d’Abu Ghraib.


Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme l'ont tenu pour l'un des principaux responsables des abus commis au nom de cette lutte. Le juge Alberto Gonzales prête serment en qualité de ministre de la justice le 14 février 2005. Il était le conseiller juridique du président George W. Bush depuis janvier 2001.


Privation de sommeil, obligation de rester debout ou encore torture par l’eau (waterboarding) : des détenus soupçonnés d’actes de terrorisme auraient été victimes d’actes de torture, au cours de leur détention dans les prisons secrètes de la CIA. Selon un rapport confidentiel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), révélé par l’Associated Press, basé sur des entretiens avec quatorze détenus qualifiés de «grande valeur» par les autorités américaines, l’agence de renseignements américaine (CIA) utiliserait des méthodes de détention pour mater et faire parler les détenus au cours des interrogatoires. Des techniques qualifiées d’actes de «torture» pour les organisations de droits de l'Homme, mais réfutées par la CIA et la Maison-Blanche.


Ces prisonniers jusque-là sous contrôle de la CIA, puis transférés en septembre à Guantanamo, ont affirmé avoir subi des techniques dégradantes particulièrement dures à supporter lorsqu'elles étaient conjuguées. Parmi eux, le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Khalid Cheick Mohammed a déclaré avoir été torturé. Selon le porte-parole de la Croix Rouge, Simon Schorno, les visites du comité aux 14 détenus avaient deux objectifs : évaluer leurs conditions de détention actuelles et leur donner l'opportunité de s'exprimer à propos de leur détention passée. « Nous ne souhaitons pas communiquer publiquement sur les conclusions de ce rapport. Il s'agit d'un document confidentiel », a déclaré Schorno.


En mars 2007, le FBI est accusé de pratiques illégales dans le cadre de la lutte antiterroriste aux États-Unis. Dans un audit, l'inspecteur général Glenn Fine du département de la Justice conclut que l'organisme fédéral a recouru de façon irrégulière, et parfois illégale, au Patriot Act pour obtenir secrètement des informations personnelles sur les citoyens. Le nombre de personnes concernées par ces lettres est estimé à 24 937 citoyens américains et 27 262 étrangers. « Le FBI a collecté des informations sur la population d'une ville d'environ 50 000 habitants et les a placées dans une base de données accessible à environ 12 000 agents fédéraux ou locaux et à certains gouvernements étrangers », résume le Washington Post.


Le rapport constate que le nombre de lettres de sécurité nationale, des mandats spéciaux permettant d'avoir accès à des informations sans l'aval d'un juge, s'est multiplié depuis l'adoption de la loi Patriot Act pour la lutte contre le terrorisme. En 2000, le FBI avait délivré environ 8.500 lettres; en 2003, 39.000; en 2004, 56.000; et finalement en 2005 le nombre est retombé à 47.000. Or en 2005, le FBI ne signalait au Congrès que 9.254 lettres pour 2003 et 2004. Selon le rapport, ces violations n’étaient pas intentionnelles.


Le ministre de la justice, Alberto Gonzales, reconnait que les problèmes identifiés dans le rapport étaient sérieux et devaient être traités immédiatement, tout en répétant que les lettres de sécurité étaient des outils d'enquête cruciaux dans la lutte contre le terrorisme. Il avait également déclaré devant un groupe de défense de la vie privée qu'il avait été inquiet d'apprendre que les contrôles étaient insuffisants au FBI, que l'agence n'assurait pas une formation adéquate et ne respectait pas ses propres principes. Au moment où M. Mueller prenait l’entière responsabilité des dérapages sur ses épaules, le secrétaire à la Justice, Alberto Gonzales, ordonnait au FBI de faire le ménage dans ses procédures.


Le département de la justice a tout de même rendu publics environ 3 000 documents privés, un geste qui fait dire à beaucoup d'observateurs que le temps d'Alberto Gonzales est bel et bien compté. Le site Politico.com, qui a révélé l'affaire, publie même une liste des possibles remplaçants. Parmi eux, Christopher Cox, le président de la Securities and Exchange Commission (SEC, le "gendarme" de Wall Street), Michael Chertoff, secrétaire d'Etat à la sécurité intérieure, Frances Townsend, conseillère en sécurité intérieure auprès du président, Larry Thompson, ancien numéro deux du ministère de la justice et Ted Olson, ancien avocat fédéral auprès de la Cour suprême. (Le Monde, 21 mars 2007)


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Le New York Times a, le 11 mars dernier, décrit Alberto Gonzales comme le « consigliere de la présidence impériale de M. Bush. Plus que toute autre personne au gouvernement, à l’exception du vice-président Dick Cheney, M. Gonzales symbolise le mépris de M. Bush envers la séparation des pouvoirs, les libertés civiques et l’État de droit ». Le quotidien appelle à sa démission.


 


 

mercredi 21 mars 2007

Chronique d’un échec annoncé

Un sondage conjoint réalisé par l’agence AP et le centre Ipsos révèle que six Américains sur dix considèrent que la campagne militaire irakienne est une erreur et souhaitent qu’elle se termine le plus vite possible. Selon un sondage réalisé pour la chaîne CNN, seuls un peu plus de 30 % des Américains soutiennent encore la guerre. Ils étaient plus de 70 % juste après le début des hostilités.

Un sondage publié par la BBC révèle qu'une majorité de Britanniques (60 %) croit que la guerre était une erreur. Un peu moins du tiers des répondants estiment qu'elle était justifiée. 55 % pensent que leur pays est moins en sécurité aujourd'hui qu'il y a quatre ans, alors que seulement 5 % affirment le contraire.

Cette erreur historique a déjà coûté à l’Amérique, selon un décompte du site internet Iraq Body Count, la vie de 3.217 de ses soldats, un bilan auquel il faut ajouter 24.000 blessés graves et 500 milliards de dollars pour financer les opérations militaires. Seulement il semble bien que l’heure du paiement définitif n’est pas pour demain. Le montant total pourrait atteindre et même dépasser les 1000 milliards de dollars. Ni la guerre en Corée ni celle au Vietnam n'avaient coûté autant.

Dans une déclaration publiée à l'occasion du quatrième anniversaire de l'invasion de l'Irak, le 19 mars, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE) déplore : « la multiplication des carnages et des destructions" due au fait que "les partisans de cette guerre tragique s'obstinent à vouloir atteindre leurs objectifs militaires. « Nous entendons les cris de la population irakienne, des femmes, des enfants et des civils innocents en proie à la souffrance, à l'angoisse et au désespoir », déclare le secrétaire général, en citant des études qui font état de plus de 600 000 victimes irakiennes, directes et indirectes, de la violence engendrée par l'invasion de 2003, ainsi que de plus de 1,6 million de personnes déplacées à la suite de la guerre.

Depuis l'invasion, environ 2 millions d'Irakiens ont fui l'Irak et 1,8 million sont des déplacés à l'intérieur de leur propre pays, selon des données du Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies.

Le nombre de morts reste difficile à évaluer. Selon le site Internet Iraq Body Count, quelque 58 800 civils sont morts depuis le début de la guerre. Au moins 3205 soldats américains, 132 Britanniques et 124 membres de la coalition ont également perdu la vie.

Plus des 75% des Irakiens estiment qu’ils vivent dans des conditions précaires. On constate également une baisse de 14% dans le soutien à la démocratie et une hausse de 8% en faveur d’un homme fort et d’un État islamique. Quelque 43% des Irakiens jugent leur vie meilleure qu'avant l'invasion de mars 2003, 36% la jugent pire et le reste ne voit guère de différence, selon ce sondage. Surtout, sur les plus de 2000 personnes interrogées, la proportion d'optimistes a fortement chuté en deux ans.

Seulement 18% ont confiance dans les forces de la coalition dirigée par les États-Unis et 86% craignent qu'un membre de leur foyer ne soit victime de la violence, selon un sondage publié par la BBC, les chaînes de télévision américaine ABC News et allemande ARD et le quotidien USA Today. De plus, 53 % des Irakiens disent ne pas faire confiance à leur propre gouvernement, contre 33 % en 2005. En ce qui concerne leur vie quotidienne, les Irakiens se montrent désabusés. Moins de 40 % jugent que la situation générale va s’améliorer, contre 71 % il y a trois ans.

78 % des sunnites interrogés pour ce dernier sondage estiment que l’invasion était absolument une erreur, tandis que 70 % des chiites pensent toujours que le renversement de Saddam Hussein a été positif.

Si quatre Irakiens sur cinq sont opposés à la présence des soldats américains, seulement un tiers veulent qu'ils partent immédiatement.

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Sources

Société Radio-Canada

Yahoo Actualités

Associated Press

IPSOS



mardi 20 mars 2007

Microsoft invite les amateurs du genre à « pirater » ses logiciels

D'après le journal américain Information Week : « Microsoft lutte activement contre le piratage de ses produits, mais admet que son objectif est avant tout d'avoir la base installée d'utilisateurs la plus large, avec des produits authentifiés ou non ». […] « Quitte à ce que quelqu'un soit piraté, autant que ce soit nous », a même déclaré Jeff Raikes président de la division "Business" de l'éditeur. Les tentatives de piratage aideraient en fait Microsoft dans la diffusion de ses logiciels. Selon Jeff Raikes, s’ils n’étaient pas piratés, ils ne seraient peut-être pas connus de ceux qui utilisent des versions contrefaites, ce qui représenterait pour le géant de Redmond une base de clients potentiels déjà familiarisés avec ses applications, susceptibles de passer un jour sur des versions légales. Cet admnistrateur de Microsoft admet que de la piraterie de ses logiciels tire vers le haut ses bénéfices parce qu'elle amène au final à l’achat d'autres progiciels.


Selon Jeff Raikes, 20 à 25% des logiciels utilisés actuellement aux États-Unis sont piratés. En France, d'après BSA, 47% des applications installées dans les entreprises fin 2006 étaient des copies illégales. Le piratage pourrait donc être considéré comme un moyen de distribution à part entière des produits de Microsoft : « Nous estimons que sur le long terme, l'atout fondamental est d'avoir une base de clients qui utilisent nos produits. (...) Ce que vous pouvez ensuite espérer, c'est de les convertir vers des licences produits légales », a t-il ajouté.


Tant que Vista n’est pas activé, une grande partie des nouveaux logiciels publiés par Microsoft ne peuvent tout simplement pas être installés. Même si ce n’est pas encore un problème majeur car ces logiciels (Internet Explorer 7, Media Player 11 ou encore Windows Defender) sont pour la plupart intégrés à Vista, la situation deviendra plus ennuyeuse dans les mois à venir.


« Ce que l'on peut espérer en revanche, c'est de convaincre ces utilisateurs d'acheter des licences légales », indique Jeff Raikes. Pour y parvenir, Microsoft table principalement sur son programme WGA (Windows Genuine Advantage) qui réserve les mises à jour de logiciels aux détenteurs de versions authentifiées de Windows. Ce système peut également afficher des messages d'alerte sur les PC qui exécutent une copie pirate de Windows.


Le directeur général de Microsoft, Steve Ballmer, a, en février dernier, admis que les prévisions pour Vista avaient été « excessivement optimistes » et a blâmé les pirates qui agissent en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie et dans d'autres marchés émergents. Il déclare que la « réduction de la piraterie peut être une source de croissance des revenus pour Windows » et annonce que Microsoft procédera « à quelques améliorations dans ce domaine dès cette année ». Peut-être ignore-t-il le fait qu'un bon nombre d’utilisateurs n'achètent pas Vista parce qu'il n'offre pas beaucoup plus que XP.


Les PC des grandes marques tels que HP et Dell n’ont pas besoin d’activer Windows Vista. Cela tient à la présence d’un accord passé entre les grands constructeurs et Microsoft. Plutôt que de soumettre l’activation à l’utilisateur, une procédure est mise en place pour que Vista soit déjà activé sur ces machines. Il faut toutefois certaines conditions précises.


Selon Pc-Impact : « Tout ordinateur issu d’un constructeur dispose d’une information embarquée et signée par Microsoft dans le BIOS de la machine. L’information étant contenue dans le matériel, Vista peut alors la puiser selon les spécifications décrites dans un certificat XML issu de l’éditeur et qui se présente sous la forme « oemname.xrm-ms ». Il suffit alors à l’utilisateur d’entrer sa clé d’installation, et tout est fini. L’ensemble de ce processus se nomme « SLP 2.0 » (System-Locked Pre-installation 2.0).


Le groupe Paradox vient de publier un crack qui propose une approche originale du problème de l’activation sous Vista. Ce crack, indique Pc-Impact fonctionne parfaitement bien et remplit donc son rôle. Il présente alors un véritable danger pour Microsoft, car la modification remonte bien plus haut qu’un simple contournement de la procédure d’activation. Via cette méthode, qui requiert plusieurs étapes, Vista ne ressent plus le besoin de s’activer puisqu’un BIOS spécial est émulé pour faire croire au système qu’il se trouve sur une machine issue d’un grand constructeur. Quoi qu'illégale, la méthode est originale : elle utilise les outils fournis par Vista en l’occurrence les scripts, et soulève de fait un problème de taille pour Microsoft et tout l'écosystème Vista.


Autres moyens pour contourner l’activation de Windows Vista, comme l’indique ZdNet : « À peine sorti, le nouveau Windows est déjà copié par des pirates qui créent des versions illicites qui mélangent du code d'une version test et de la mouture finale. Microsoft met à jour son système de vérification pour les bloquer. Deux moyens de passer outre les mesures de détection des copies pirates du nouveau système d'exploitation Windows sont utilisées. Le premier est un procédé surnommé par Microsoft frankenbuild : il consiste à créer une version hybride de Vista, en combinant des portions de code issues d'une préversion (release candidate build) et de la mouture finalisée RTM (pour Ready to manufacture). Le second subterfuge utilisé par des pirates combine la technologie de virtualisation et le mécanisme de gestion de clés (KMS), mis en place par l'éditeur pour permettre aux grands comptes d'activer plusieurs copies de Vista ».


La protection sous Microsoft


À l'occasion du salon CeBIT 2007, un responsable de Microsoft a confié que l'antivirus Windows Live OneCare a été lancé dans la précipitation. « Ce n'est pas un mauvais produit, mais certaines pièces sont manquantes », indique ainsi Arno Edelmann, chef produit sécurité européen. Le responsable précise que ce produit est hérité de l'éditeur roumain Gecad Software, racheté en juin 2003 par la firme de Redmond. OneCare a été le seul antivirus parmi seize solutions à ne pas obtenir la certification d'AV-Comparatives, projet autrichien comparant différents antivirus. Il a également été très critiqué par la société américaine Virus Bulletin, qui estime qu'il n'est pas en mesure de protéger correctement Vista, au même titre d'ailleurs que McAfee VirusScan.


Selon Arno Edelmann, des problèmes d'intégration persistent avec certains produits Microsoft comme le serveur mail Exchange. OneCare filtrera parfaitement les e-mails avec Exchange 2007, mais du code malveillant peut passer à travers les mailles du filet avec Exchange 2000 ou 2003. Microsoft assure bien entendu que sa solution évoluera avec de prochaines mises à jour. OneCare a enchaîné les faux pas et les mauvaises notes. En novembre 2006, il avait identifié à tort la messagerie web de Google comme étant un virus. Début mars, certains utilisateurs se sont plaints que le programme mettait en quarantaine des e-mails parfaitement sains reçus via Outlook. Un dysfonctionnement depuis corrigé par un patch.


 


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lundi 19 mars 2007

La force brutale de Georges W. Bush et Dick Cheney

« Les Américains trouvent toujours la meilleure option après avoir essayé toutes les autres. » (Churchill)


L’humanité ne peut que constater la désillusion totale face à Washington qui s’est lancé dans une croisade approximative le 19 mars 2003. Comme elle ne peut que constater le cuisant échec d’un certain impérialisme qui voulait imposer son hégémonie et son pouvoir unipolaire au reste du monde. La force brutale n’est plus une arme pour imposer une vision du monde.


À la veille sa rencontre avec le président Bush, en septembre 2006, le président pakistanais Pervez Musharraf avait expliqué, dans une interview donnée à l'émission 60 Minutes américaine sur la chaîne américaine CBS, qu’au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis avaient menacé de bombarder le Pakistan s’il ne coopérait pas dans la lutte contre le terrorisme. La menace était venue de l’ex-secrétaire d’État adjoint Richard Armitage, bras droit de l'ex-secrétaire d'État américain Colin Powell, et avait été transmise par l’intermédiaire du directeur du Renseignement pakistanais. « Le directeur du renseignement m’a rapporté que M. Armitage lui avait dit : soyez prêts à être bombardés. Soyez prêts à revenir à l’âge de pierre ». Dans cette interview, le président pakistanais avait qualifié cette menace de « très brutale ». Un porte-parole de la Maison Blanche a démenti, en expliquant que des menaces de bombardements ne faisaient pas partie de la stratégie américaine dans sa lutte contre le terrorisme après le 11 septembre.


Le Times de Londres publiait, en septembre 2006, des extraits des mémoires du président pakistanais Pervez Musharraf (In the Ligne of Fire) dans lequel il affirme que son gouvernement a secrètement reçu de la CIA des millions de dollars en échange de 369 personnes soupçonnées d’appartenir à Al-Qaïda (Times, 25 septembre 2006).


Les Américains reprochent régulièrement au Pakistan de ne pas faire le maximum pour démanteler Al-Qaïda.


Le New York Times rapportait, en février 2007, que le président George Bush avait adressé au président Musharraf un message très ferme pour l'avertir que le Congrès, désormais dominé par les démocrates, pourrait suspendre l'aide de Washington faute de résultats dans la traque des agents d'Al-Qaïda. Le journal cite également des hauts responsables de l'administration américaine selon lesquels la Maison Blanche a conclu que le président pakistanais n'honorait pas les engagements pris auprès du président Bush.


Les Démocrates, majoritaires au Congrès depuis novembre, ont en effet appelé la Maison Blanche à exercer une pression plus forte sur le Pakistan après une multiplication de raids, en Afghanistan, de la guérilla alliée aux talibans, a ajouté Le New York Times.


Le président Musharraf doit composer entre les exigences de Washington et le sentiment anti-américain toujours présent au sein de la population pakistanaise.


Des experts n'hésitent pas à parler de « zones tribales » dans le nord du Pakistan qui permet aux talibans d'entraîner des candidats aux opérations suicides et de consolider leur alliance avec Al-Qaïda. Le mouvement taliban est un moyen de défendre les intérêts du Pakistan en Afghanistan où l'Inde exerce une influence croissante. Protéger les talibans revient néanmoins à tolérer ses alliés d'Al-Qaïda.


« Pas un jour ne passe sans que le fanatisme ne se fasse ressentir au Pakistan », notait l'éditorialiste du quotidien anglophone Dawn, au lendemain de l'assassinat par un extrémiste religieux de la ministre des affaires sociales du Pendjab, et alliée politique du président pakistanais Pervez Musharraf, Zilla Huma Usman. Les fidèles d'Al-Qaïda et les talibans ont trouvé dans les mouvements religieux pakistanais des réseaux de soutien importants, qui leur ont permis de survivre et de continuer à opérer. Les talibans bénéficient aussi de la solidarité tribale et ethnique dans les zones frontalières.


35 000 hommes de l’armée afghane se battent aux côtés des 40 000 militaires présents en Afghanistan, dont 33 000 venus de 37 pays au sein de l’Isaf, commandée par l’Otan et 8 000 de la coalition internationale dirigée par les États-Unis depuis 2001. Mais il manque toujours, souligne l’Otan, 10% des troupes que les pays de l’Alliance s’étaient engagés à fournir. Environ 24 000 militaires américains sont actuellement en Afghanistan. Il s’agit du plus haut niveau depuis 2001.


Le Pakistan déploierait quelque 80 000 soldats à sa frontière avec l'Afghanistan pour traquer les militants proches des talibans ou d'Al-Qaïda. Les États-Unis ont fourni une aide militaire considérable à Islamabad, un coup de pouce qui se chiffrerait à plusieurs centaines de millions de dollars.


Selon John Negroponte, coordinateur du renseignement américain, le Pakistan, et en particulier les frontalières de l'Afghanistan, est devenu, ces dernières années, le QG mondial du réseau terroriste Al-Qaïda. Dick Cheney aurait, lors de sa récente visite au Pakistan, présenté au général Musharraf des photographies aériennes montrant plusieurs nouveaux camps d'entraînement de combattants islamistes dans les zones tribales du Waziristan et lui aurait demandé de faire davantage, selon un responsable pakistanais à l'issue de la rencontre qui s'est déroulée au palais présidentiel. Dick Cheney aurait néanmoins salué les efforts et les mesures prises par le Pakistan pour combattre le terrorisme.


Accusations immédiatement réfutées par Islamabad, pour qui « la coopération du Pakistan a permis d’éviter de nombreux attentats dans le monde entier ». Pas faux, mais depuis quelques jours, indique Talad Massoud, ancien officier de l’armée pakistanaise, « le président Pervez Musharraf n’a jamais été aussi fragilisé par toutes ces révélations. Pour la première fois, il va devoir agir, sinon les Américains pourraient le faire à sa place, ce qui le fragiliserait encore plus ». Cet analyste à la solide réputation assure que « le gouvernement va devoir abandonner son double jeu : d’un côté on rassurait Washington avec de bonnes paroles et quelques opérations qui permettaient l’arrestation d’un ou deux terroristes, de l’autre on fermait les yeux sur ce qui se passe sur la frontière afghane ».


Le général-président n'a pas apprécié d'être ainsi sermonné. « Le Pakistan n'accepte pas de se voir dicter sa conduite », a déclaré un porte-parole d'Islamabad, peu après l’entretien de Musharraf avec le vice-président des États-Unis, Dick Cheney. En 2006, 900 Pakistanais ont été tués et 1.500 blessés dans 650 attentats. De plus, le président Musharraf a échappé à de multiples tentatives d'assassinat perpétrées par Al-Qaïda.


Cinq ans après avoir choisi les États-Unis contre les talibans en Afghanistan, le chef de l'État pakistanais apparaît de plus en plus tiraillé entre, d'une part, les exigences américaines d'en faire plus contre Al-Qaïda et les talibans et les réalités de la politique d'ambiguïté qu'il a suivie vis-à-vis des extrémistes islamistes, d'autre part. Loin d'avoir été affaiblis par le revirement du Pakistan après le 11 septembre 2001, ceux-ci ont continué à prospérer dans un environnement qui leur est très largement favorable.


Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), à Genève : « De l'Afghanistan au Maroc, en passant par l'Irak, la Corne de l'Afrique, l'Europe occidentale et même les territoires palestiniens, les défis lancés par la mouvance islamiste sont aussi redoutables que variés. Et toujours en phase avec l'actualité politique des pays concernés ». […] « Cette manière d'occuper la scène médiatico-politique est remarquable et démontre une maîtrise parfaite de la guerre psychologique et de très bonnes connaissances des réalités politiques », dit encore Abidi. Mais, conclut le chercheur, « ce qui est le plus remarquable dans tout ça, c'est la faculté d'Al-Qaïda et de ses émules d'intervenir en temps réel et toujours à propos ». Pour une organisation dont certains services de renseignements annoncent régulièrement la défaite, le constat est inquiétant (Source : 24h - Publié le 13 mars 2007).


Selon Wikipedia, la situation du Pakistan au plan international a radicalement changé depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Le régime devient l'objet de toutes les attentions et dispose d'une aide financière d'un niveau jamais atteint : pour un pays dont 43 % des dépenses publiques sont consacrés au paiement de la dette extérieure, le choix de la coopération avec les États-Unis sur le front de la lutte contre Al-Qaida et les Talibans afghans est impossible à refuser, même si le Pakistan a largement soutenu le régime taliban.


Le Pakistan a obtenu l’attribution, en mars 2004, lors de la visite du Secrétaire d’État, Colin Powell, du statut d’allié majeur, non-membre de l’OTAN. L’octroi de ce statut a coïncidé avec une levée des sanctions économiques imposées au Pakistan en 1999 à la suite du coup d’état du général Musharraf. Les États-Unis fournissent par ailleurs au Pakistan une importante assistance financière (3 milliards de dollars sur cinq ans).


En septembre 2006, le Premier ministre britannique Tony Blair, en visite au Pakistan, a annoncé le doublement de l'aide britannique au Pakistan prévue pour les trois prochaines années, qui passera de 236 millions de livres (348 millions d'euros) à 480 millions de livres (708 millions d'euros).


Les moyens d’une défense armée


L'accession du Pakistan à la capacité nucléaire daterait de 1987 ; la CIA en fait d'ailleurs rapport cette même année. Le Pakistan a mis en œuvre le processus de sa nucléarisation dans un contexte où il était sans cesse condamné par les Américains. Le Pakistan est cité en exemple par les pays qui souhaitent acquérir cette même capacité nucléaire puisque, après les attentats du 11 septembre 2001, il est devenu un allié des États-Unis. Nombreux sont donc ceux qui croient que le meilleur moyen de défendre leur indépendance, d’écarter les menaces régionales et de se protéger contre une intervention politique ou militaire des États-Unis passe par la nucléarisation. La possession de l’arme nucléaire est, selon la perception générale, la garantie d’une non-agression de la part des États-Unis.


L'accession du Pakistan au statut de puissance nucléaire ne semble nullement indisposer Georges W. Bush et Dick Cheney. Les trois pays du monde, qui n’ont pas signé le Traité de non prolifération (TNP), sont détenteurs d’armes nucléaires. Les deux premiers, l’Inde qui a effectué ses premiers essais dès 1974 et le Pakistan qui a fait les siens en 1998, le reconnaissent. Le troisième, Israël, garde le silence sur le sujet.


Les signataires du TNP aimeraient obtenir de ces trois dissidents un engagement politique à ne pas exporter leur technologie militaire. Un vœu qui vise tout particulièrement le Pakistan, centre du réseau d’Abdul Qadir Khan qui a exporté des technologies nucléaires vers la Corée du Nord, la Libye et l’Iran.


Les deux voisins, que sont l’Inde et le Pakistan, se sont affrontés par trois fois depuis l’indépendance en 1947. L’attaque du Parlement indien en 2001 par des séparatistes cachemiris a failli déclencher une nouvelle guerre. Mais depuis le processus de paix commencé en janvier 2004, les relations dans le domaine sportif, commercial et des transports se sont améliorées. Sauf, comme toujours, la question du Cachemire qui empoisonne continuellement les relations entre les deux puissances nucléaires.


A ce jour, l’armée pakistanaise estime qu’il y aurait près de 700 000 hommes des forces de sécurité indienne dans la région, mais les officiels indiens eux, s’en tiennent au chiffre de 500 000 militaires. Le Pakistan aurait placé 50 000 hommes au Cachemire. L'important, pour Georges W. Bush et Dick Cheney, n’est pas le Cachemire.


L’important est de contrer la volonté de l'Iran de devenir une puissance régionale qui bousculerait leurs intérêts fondamentaux dans cette zone du Grand Proche-Orient. La superpuissance n'entend nullement abandonner à Téhéran la moindre zonelle d'influence. En même temps, elle fait pression sur l’ami subventionné, le Pakistan, pour qu'il fasse plus, encore une fois, afin de protéger ses intérêts dans la région et minimiser les effets de l’humiliation : Oussama Ben Laden n’est toujours pas capturé depuis le 11 septembre 2001 et les talibans renaissent, tel le phénix, de leurs cendres.


Le Pakistan a donné à entendre qu’il ne servira pas de base et ne soutiendra pas les États-Unis sur le plan logistique en cas de guerre contre l'Iran.


La Chine vient de fournir au Pakistan les deux premiers avions chasseurs JF-17 Thunder équipés de moteurs de fabrication russe. Les rapports risquent donc de s'envenimer entre la Russie et l'Inde, un pays très sensible à tout ce qui touche aux rapports de ses partenaires avec le Pakistan.


Pour des raisons de politique intérieure, et propres à l’Amérique, la talibanisation renaissante dans la région lui est insupportable.


Ce que feignent d’ignorer, maintenant, les États-Unis


Ignacio Ramonet écrivait, dans Le Monde diplomatique, en novembre 1999 : « Le 13 octobre, l’incroyable décision du Sénat des États-Unis refuse la ratification du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (Titen), contre l’avis du président William Clinton. Ce refus, fondé sur des arguments misérablement politiciens, est d’une gravité exceptionnelle. Un véritable désastre pour la sécurité de la planète. Car il peut être interprété comme une autorisation accordée à la reprise générale des tests atomiques. De surcroît, il porte atteinte au principe de non-prolifération nucléaire et délégitime dorénavant toute pression de Washington en faveur de l’arrêt des essais atomiques ». […] « Le Pakistan est au bord de la banqueroute et reste l’une des principales plates-formes du fondamentalisme musulman. Au plan intérieur, c’est une poudrière. Il est divisé par des clivages religieux opposant les sunnites aux chiites (20 % de la population), des affrontements ethniques entre Pachtouns, Baloutches, Sindhis et Pendjabis, et des inégalités sociales : 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et il y a environ vingt millions d’enfants-esclaves... C’est l’un des pays, enfin, les plus corrompus au monde et, selon l’ONU, l’économie criminelle dépasserait, en valeur absolue, l’économie légale […] Si l’on ajoute que cet État en déliquescence, désormais piloté par des militaires, disposera bientôt de missiles pouvant transporter des charges nucléaires sur une distance de 1 500 kilomètres, comment ne pas être terriblement inquiet ? ».


L’Amérique oublie ou semble avoir gommé certaines réalités bien récentes de son allié pakistanais :



  • L’Inde et le Pakistan se sont dotés de l’arme nucléaire et, en 2002, ont été sur le point de déclencher une guerre. Malgré une certaine décrispation entre les deux pays, la question du Cachemire n'est toujours pas réglée.

  • Lors de leur réunion de Durban, en novembre 1999, les chefs de gouvernement du Commonwealth avaient réclamé du Pakistan la restauration immédiate du régime démocratique civil. Suite au jugement de la Cour Suprême pakistanaise, décrétant que le retour à la démocratie devrait se faire et à l'engagement du Général Musharraf de respecter le jugement de la cour et la feuille de route pour la restauration de la démocratie prévoyant la tenue d'élections libres et justes d'ici le 12 octobre 2002, les chefs de gouvernement du Commonwealth se montrent à nouveau patients.. Le 21 août 2002, un Décret servant de Cadre Juridique (Legal Framework Order) fut adopté grâce auquel le Président Pervez Musharraf obtint des pouvoirs considérables et précis aux dépends du Parlement, tel que la possibilité d'outrepasser l'Assemblée législative, de démettre de ses fonctions le Premier Ministre élu et de dissoudre le Parlement si son Conseil National de Sécurité considère que le gouvernement n'agit pas dans les intérêts du pays.


  • Dans le cadre de son voyage en Inde et au Pakistan, en mars 2006, George W. Bush avait appelé Pervez Musharraf à organiser en 2007 des élections libres et honnêtes, en soulignant que la démocratie était le meilleur moyen de vaincre le terrorisme.


  • Le chef de l'État, Pervez Musharraf, a, le vendredi 9 mars 2007, limogé le juge Iftikhar Mohammad Chaudhry, président de la Cour suprême du Pakistan qui était en fonction depuis l'été 2005. « Je ne démissionnerai pas », a affirmé le juge Chaudhry en réclamant que son audition devant les cinq membres du CJS, l'autorité suprême en matière de justice au Pakistan, soit publique. Ce nouveau coup porté à l'institution judiciaire est toutefois très largement dénoncé et, comme l'écrit l'éditorialiste du quotidien anglophone The News, « le gouvernement doit s'extraire rapidement de cette horrible situation avant que les choses ne dégénèrent. Tout délai ne peut que convaincre la plupart des Pakistanais qu'ils vivent dans un pays qui a tous les aspects d'un État policier ».


  • Human Rights Watch (HRW) estime que le limogeage du président de la Cour suprême ouvre une crise constitutionnelle. « Le gouvernement pakistanais doit permettre au juge Chaudhry une audition publique et juste et lui offrir la possibilité d'étudier les accusations portées contre lui et de bénéficier d'un conseil juridique », a déclaré Ali Dayan Hasan, chercheur de HRW pour l'Asie du Sud, en redoutant un «déni de justice ».


  • Reporters sans frontières dénonce la multiplication des interventions directes de l’État sur le contenu des médias indépendants. Il s’agit notamment de la censure imposée à plusieurs chaînes de télévision sur les manifestations de soutien au président de la Cour suprême ou du boycott publicitaire qui sanctionne le célèbre quotidien Dawn. « Nous craignons qu’en cette année d’élection présidentielle, l’indépendance des médias soit mise à mal par l’État. Il est urgent que le président Pervez Musharraf fasse cesser ces interventions autoritaires qui mettent en danger la liberté de ton et d’action des journalistes pakistanais. En aucun cas, ils ne doivent être utilisés comme des outils de propagande », a affirmé l’organisation.


  • Selon Médecins du Monde, près de 80% des femmes souffriraient, au Pakistan, de violence domestique. Fuyant ces violences ou des mariages forcés, certaines femmes abandonnent foyer et famille pour venir chercher de l'aide dans des refuges, les Dar-Ul-Aman. Créées et gérées par le gouvernement pakistanais, ces structures accueillent des femmes, souvent très traumatisées, parfois accompagnées par leurs enfants. Plus de 90% de ces femmes ont été victimes de nombreuses formes de violences domestiques, qu'elle soit physique, sexuelle ou psychologique. Leur situation personnelle très incertaine combinée à des menaces de morts les pousse souvent vers la dépression, des états de grande anxiété voire le suicide.


  • Le Pakistan a, au cours du mois de mars 2007, testé avec succès un missile balistique sol-sol de courte portée à capacité nucléaire. Le missile Abdali, ou Hatf-II, développé par les scientifiques pakistanais, peut atteindre une cible située jusqu'à200 kilomètres de distance. Il a été tiré depuis une base non identifiée, précise un communiqué pakistanais



Et l’Amérique ? Son président et son vice-président tancent le président du Pakistan pour le peu d’efforts qu’il consent à pourchasser les talibans. L’adhésion de l’opinion publique américaine est la plus importante des causes à défendre : « Quelle que soit la cause que vous avez à vendre, aimait à rappeler l’ultraconservateur du Texas Dick Armey à ses collègues du Congrès, vendez-la au nom de la liberté ! »


Pour le reste, on repassera !


 


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vendredi 16 mars 2007

Vieillir, est-ce le naufrage appréhendé ?

Une population vieillissante


Le vieillissement de la population est le résultat d'un succès, le succès de l'humanité dans son projet de contrôler le nombre d'êtres humains. Il faut maintenant que des changements de société puissent permettre aux populations de bénéficier pleinement d'une vie plus longue et de vivre mieux. « La population mondiale continue de vieillir et dépassera les 9 milliards d'habitants d'ici à 2050 », confirme un rapport de la Division de la population de l'Organisation des Nations Unies, intitulé « Révision 2006 ». « La moitié de la croissance démographique mondiale sera attribuable à la longévité ou à l'augmentation du nombre de personnes de plus de 60 ans, entre 2005 et 2050. Ainsi, dans les régions plus développées, la population âgée de 60 ans et plus devrait presque doubler, atteignant 406 millions en 2050, contre 245 millions en 2005. Le Canada qui compte actuellement 31,7 millions de personnes aura 39,1 millions d'habitants en 2050, selon les prévisions de l'ONU. Sa croissance démographique sera inférieure à la moyenne mondiale avec un taux de 23,34 % ».


Les projections montrent qu’en 2031, les aînés constitueront entre 23 % et 25 % de la population canadienne (Bélanger et autres, 2005). Le vieillissement des baby-boomers, le faible taux de fécondité et l’augmentation de l’espérance de vie contribueront tous à la multiplication par deux prévue de la proportion des aînés au cours des 25 prochaines années.


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« La vieillesse est comparable à l'ascension d'une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d'haleine, mais combien votre vision s'est élargie ! » Ingmar Bergman


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Toute personne âgée ou toute personne handicapée a droit d'être protégée contre toute forme d'exploitation. Toute personne a aussi droit à la protection et à la sécurité que doivent lui apporter sa famille ou les personnes qui en tiennent lieu. Article 48 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (L.R.Q. c. C-12)


Selon le ministère de la Justice du Canada, il n’est pas possible de connaître toute l’étendue de la violence commise à l’égard des personnes âgées. Il est assez largement reconnu qu’il existe trois formes principales de violence à l’égard des personnes âgées :



  • la violence commise à l’égard des personnes âgées qui vivent seules ou avec des membres de leur famille ou d’autres personnes dans des maisons privées (notamment les personnes âgées recevant des soins à domicile ou des soins communautaires);

  • la violence commise en milieu institutionnel;

  • la négligence de soi.


Personne âgée


L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait sienne la définition adoptée par le Réseau international pour la prévention des maltraitances aux personnes âgées : « On entend par maltraitance des personnes âgées un acte isolé ou répété, ou l'absence d'intervention appropriée, qui se produit dans toute relation de confiance et cause un préjudice ou une détresse chez la personne âgée ».


Les études démographiques démontrent qu'un Québécois sur huit est actuellement âgé de 65 ans et plus. Cette proportion passera d'ailleurs à une personne sur quatre dans près de 20 ans (Statistiques Canada, 2001).


Malgré un taux de victimisation inférieur à celui de la population en général, la peur du crime chez les aînés est bien réelle. Bien que diverses mesures de protection visant à en atténuer les effets ont été mise en place, les aînés n'échappent pas aux phénomènes de violence et d'abus, non plus qu'aux situations qui compromettent leur sécurité.


« Les pleurs des vieillards sont aussi terribles que ceux des enfants sont naturels » Honoré de Balzac


Statistiques Canada vient de publier un rapport plutôt rassurant selon lequel les aînés subissent les niveaux les plus faibles de crimes avec violence et de crimes contre les biens comparativement aux personnes plus jeunes. Il est important de rappeler que les aînés constituent, au Canada, l’un des groupes de population dont la croissance est la plus rapide au Canada. Le recensement de 2001 a révélé qu’il y avait près de 4 millions d’aînés âgés de 65 ans et plus, ce qui représente 13 % de la population de la nation. Cela est particulièrement vrai dans le cas des aînés âgés de 80 ans et plus, soit le groupe d’âge qui augmente au rythme le plus rapide. De 1991 à 2001, le nombre de membres de ce groupe d’âge a bondi de 41 %, passant d’environ 660.000 à 932.000. On estime qu’en 2011, le nombre d’aînés plus âgés au Canada atteindra 1,3 million.


SolitudeLes aînés du Canada (c.-à-d. les personnes âgées de 65 ans et plus) seraient donc moins susceptibles d'être victimes de crimes avec violence et de crimes contre les biens que les personnes plus jeunes. Près de la moitié des personnes aînées, qui ont été victimes de violence, l’ont été par un membre de la famille, comparativement à 39 % pour les victimes plus jeunes. Un peu plus du tiers (35 %) des auteurs de cette violence familiale, contre les aînés, étaient des enfants adultes et 31 % étaient le fait de conjoints actuels ou d’anciens conjoints. Dans la plupart des cas où il y a eu des blessures, celles-ci étaient mineures et ne nécessitaient aucuns soins médicaux ou nécessitaient uniquement des premiers soins de base. Seulement 2 % des cas de violence sur des personnes aînées et des victimes plus jeunes ont causé des blessures majeures.


Sur le plan de la sécurité personnelle, la satisfaction des aînés s'est améliorée légèrement au cours de la période allant de 1999 à 2004. En 2004, la vaste majorité (92 %) des personnes aînées ont déclaré être satisfaites de leur niveau global de sécurité par rapport à la criminalité comparativement à 89 % en 1999. Cette augmentation élimine l'écart entre les aînés et les Canadiens plus jeunes, ce qui donne lieu à des niveaux de satisfaction relativement comparables à l'égard de la sécurité personnelle (92 % comparativement à 94 %).


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« [...] Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,

Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard, qui revient vers la source première,

Entre aux jours éternels et sort des jours changeants;

Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,

Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière
» [...]


Victor Hugo, Booz endormi


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Les formes de violence


Le ministère de la Justice du Canada souligne que les personnes âgées, victimes d’une violence, peuvent ne pas vouloir — ou ne pas pouvoir — signaler les actes commis à leur égard pour les raisons suivantes :



  • déficience cognitive, notamment démence ou maladie d’Alzheimer

  • fragilité physique ou invalidité

  • difficultés à s’exprimer ou barrières culturelles empêchant l’accès à de l’information, à des ressources et à du soutien

  • isolement social ou géographique

  • dépendance par rapport à l’agresseur (émotive, physique ou économique)

  • crainte de représailles ou d’abandon

  • crainte d’être placées en établissement

  • crainte d’une intervention extérieure (perte d’indépendance et contrôle)

  • crainte de ne pas être crues

  • honte ou stigmates

  • croyances au sujet de l’importance du mariage et de la famille

  • pressions visant à maintenir la réputation de la famille ou de la collectivité.


Tout acte verbal ou non verbal qui réduit la confiance en soi ou la dignité d’une personne âgée, en résidence ou sous la responsabilité d’un membre de sa famille, et qui menace son intégrité psychologique et émotive constitue de la violence, par exemple :



  • menacer d’employer la violence

  • menacer d’abandonner la personne âgée

  • lui faire peur intentionnellement

  • lui faire croire qu’elle ne recevra pas la nourriture ou les soins dont elle a besoin

  • lui mentir

  • ne pas se préoccuper des actes de violence qui auraient été commis contre elle

  • l’insulter, blasphémer ou proférer des injures

  • faire des remarques désobligeantes ou tenir des propos calomnieux à d’autres personnes à son sujet

  • l’isoler ou l’empêcher de recevoir des visiteurs

  • cacher des renseignements importants qu’elle a le droit de connaître

  • l’humilier à cause de sa façon de parler

  • mal interpréter intentionnellement ses pratiques traditionnelles

  • parler constamment de la mort avec elle

  • lui dire qu’elle cause beaucoup trop de problèmes

  • l’ignorer ou la critiquer de manière excessive

  • se montrer trop familier avec elle et manquer de respect envers elle

  • lui donner des ordres de façon déraisonnable

  • la traiter comme une servante

  • la traiter comme un enfant.


Le ministère de la Justice du Canada identifie les signes suivants, entre autres, qui peuvent indiquer qu’une personne âgée est victime de violence :



  • dépression, crainte, anxiété, passivité

  • blessures inexpliquées

  • déshydratation, malnutrition ou manque de nourriture

  • hygiène négligée, rougeurs, plaies de lit

  • sédation excessive


Une personne est susceptible d’être victime de violence à pratiquement toutes les étapes de sa vie — enfance, adolescence, début de l’âge adulte, âge moyen, vieillesse —, mais la nature et les conséquences de cette violence peuvent varier en fonction de sa situation. La violence commise à l’égard des personnes âgées reste encore un domaine négligé et trop peu exploré. Vieillir est un droit, la maltraitance est un crime. La tolérance n’a plus sa place dans une société dite civilisée.


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Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux.

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan

Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier

Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent [aux paupières

Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends.


Jacques Brel, les vieux


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Pour sourire à la vieillesse : Les vieux ne vieillissent plus


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De retour le lundi 19 mars 2007