jeudi 31 mai 2007

The Case for Bombing Iran - BY NORMAN PODHORETZ

Richard Hétu, de Cyberpresse (le quotidien La Presse de Montréal) invite ses lecteurs à parcourir un article hors de l’ordinaire :

Sur une pleine page du Wall Street Journal, Norman Podhoretz, néoconservateur émérite, explique pourquoi les États-Unis doivent bombarder l’Iran. Son titre est sans équivoque : The Case for Bombing Iran. L’exergue ne l’est pas moins : I hope and pray that President Bush will do it. À ses yeux, la destruction des installations nucléaires iraniennes est la seule façon d’éviter l’élimination d’Israël et l’islamisation du monde.

Mais qui est Mr. Podhoretz ?

Mr. Podhoretz is editor-at-large of Commentary. His new book, “World War IV: The Long Struggle Against Islamofascism,” will be released by Doubleday on Sept. 11. This essay, in somewhat different form, was delivered as an address at a conference, “Is It 1938 Again?,” held by the Center for Jewish Studies at Queens College, City University of New York, in April.

Voici un avant-goût de la position de l’auteur :

Although many persist in denying it, I continue to believe that what Sept 11, 2001, did was to plunge us headlong into nothing less than another world war. I call this new war World War IV, because I also believe that what is generally known as the Cold War was actually World War III, and that this one bears a closer resemblance to that great conflict than it does to World War II. Like the Cold War, as the military historian Eliot Cohen was the first to recognize, the one we are now in has ideological roots, pitting us against Islamofascism, yet another mutation of the totalitarian disease we defeated first in the shape of Nazism and fascism and then in the shape of communism; it is global in scope; it is being fought with a variety of weapons, not all of them military; and it is likely to go on for decades.

À lire impérativement pour se convaincre que la modération a bien meilleur goût.


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mercredi 30 mai 2007

Chavez, en privant son peuple, prend le risque de le diviser davantage

Je recommande que Globovision prenne un tranquilisant, qu’elle ralentisse, sinon je vais la faire ralentir (Hugo Chavez). Globovision est une des dernières chaînes encore opposées au gouvernement. Hugo Chavez qui se voit président à vie prend le contrôle des médias.

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Mérida, ville universitaire, en réalité deuxième ville étudiante du Venezuela, est connue pour l’un de ses plus célèbres établissements d’enseignement, l’Université des Andes, mieux connue par son acronyme en espagnol ULA, qui est aussi un centre d’études fréquenté par de nombreuses personnalités de la région. La Cathédrale de Mérida également est une des plus belles églises du Venezuela, bien que son style ne puisse appartenir à une école architecturale particulière. De cette ville, Baltasar Porras Cardoso y accuse le président Hugo Chavez d’adopter des attitudes totalitaires comparables à celles d’Adolf Hitler, Fidel Castro ou Benito Mussolini. Cette sortie a marqué la cessation des émissions de la plus ancienne télévision du Venezuela, RCTV. Baltasar Porras Cardoso n’est pas un citoyen ordinaire. Il est l’archevêque de Mérida : « Aujourd’hui, on qualifie de délit ce qui dans n’importe quelle société est le droit de ne pas être d’accord, de donner son opinion, de s’exprimer de manière différente de celle du gouvernement ».

Depuis l’arrivée de Chavez au pouvoir, il y a huit ans, l’Église vénézuélienne a fait une cinquantaine de discours en faveur des libertés individuelles et contre «l’autoritarisme». Le sectarisme de ce gouvernement restreint de plus en plus l’espace de ceux qui ne sont pas totalement alignés, se plaint l’archevêque de Mérida, évoquant même un certain harcèlement de la part d’Hugo Chavez et de ses partisans.

La télévision la plus ancienne du Venezuela, RCTV (Radio Caracas Television), dernière grande chaîne d’opposition du pays, a cessé d’émettre une seconde avant minuit, après cinquante-quatre années d’existence, à l’expiration de sa concession que le gouvernement d’Hugo Chavez a refusé de renouveler.

Pour le président du Venezuela, cette fermeture était rendue impérative en raison du ton acerbe de ses journaux et de son soutien au coup d’État avorté à son encontre en 2002. RCTV, à ses yeux, n’était qu’une menace pour le pays. Le président avait également un compte à régler avec cette chaîne de télévision en raison de l’appui de cette dernière au coup d’État avorté contre lui en 2002. Il avait alors, après sa réélection en décembre, qualifié cette télévision « putschiste » parce que la chaîne avait fait campagne contre lui.

Le dimanche 27 mai, avant l’arrêt des opérations sur le coup de minuit, une grande partie des 3.000 salariés de RCTV s’étaient rassemblés sur le plateau entonnant des chants appelant à l’union et l’amitié. Plusieurs ne pouvaient retenir leurs larmes se réclamant du même espoir que le président de la chaîne, Marcel Granier, qui se déclarait sûr que « la démocratie et RCTV reviendront au Venezuela ». Une partie des 2.500 employés de la plus ancienne chaîne du pays, fondée en 1953, continueront à produire des « telenovelas » à destination d’autres groupes de télévision latino-américains.

À l’extérieur, des partisans d’Hugo Chavez tiraient des fusées de feu d’artifice pour célébrer pour célébrer la naissance de la nouvelle chaîne de « télévision socialiste » (TVES), financée par le gouvernement et dont les transmissions ont commencé dès que se sont interrompues celles de RCTV. RCTV est mort, vive TVES !

Plus de 70% des Vénézuéliens désapprouvent la fermeture de RCTV, une chaîne très populaire pour ses programmes de divertissement connus dans toute l’Amérique latine.

A l’étranger, la présidence allemande de l’Union européenne a exprimé son « inquiétude », rappelant que « la liberté de parole et la liberté de presse sont des éléments essentiels de la démocratie ». « L’Union européenne attend du Venezuela qu’il protège ces libertés et soutienne le pluralisme dans la diffusion des informations », indique un communiqué. Le président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, a refusé de prendre position sur la question : « La décision du président Hugo Chavez est un problème interne du Venezuela, de la même manière que je ne veux pas qu’ils donnent leurs avis sur les choses que je fais ici ». Les pays associés au Venezuela au sein du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) avaient refusé la semaine dernière d’appuyer la mesure annoncée par Hugo Chavez, lors d’une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères tenue à Asuncion (Agence France-Presse).

Michelle Bachelet a évoqué la dictature du général Augusto Pinochet au Chili (1973-1990), affirmant que « eu égard à son histoire politique, pour le Chili, la liberté d’expression est la règle d’or ». En réaction à la fermeture au Venezuela d’une chaîne de télévision d’opposition au président Hugo Chavez, « La liberté d’expression est la règle d’or », a répété la présidente du Chili Michelle Bachelet. La présidente de la Finlande, Tarja Halonen, a pour sa part indiqué à Helsinki suivre « ce qui se passe à Cuba et au Venezuela avec beaucoup d’intérêt et parfois avec préoccupation », estimant que la communauté internationale devait être « ferme et encourageante à la fois ».

Le quotidien El Nacional estime que cette mesure marque la « fin du pluralisme » dans le pays. Le Sénat américain, l’Organisation des États Américains (OEA) ou encore le Parlement européen ont également exprimé leur préoccupation quant à la disparition de la chaîne, soutenue par les associations internationales de défense des médias. Hormis les journaux et les radios, l’opposition ne dispose plus que de la station Globovision, captée seulement dans la capitale ou par le câble, pour faire entendre sa voix à l’écran.

Plusieurs organisations internationales de défense des médias, comme Reporters sans frontières, ont également apporté leur soutien à la chaîne. De son côté, le président de RCTV, Marcel Granier, a soutenu que Chavez, un allié du dirigeant cubain Fidel Castro, était mu par « la volonté mégalomaniaque d’instaurer une dictature totalitaire ».

Pour Ewald Scharfenberg, directeur de l’Institut Presse et société : « l’annonce du non-renouvellement de la concession de RCTV n’a pas été prononcée par la Commission nationale des télécommunications (Conatel) mais par le président depuis la plus importante place militaire ». Le spécialiste des médias croit qu’il reste encore au Venezuela « beaucoup de marges de liberté », notamment les médias régionaux et alternatifs comme ceux d’internet.

C’est avec la chemise rouge de ses partisans que le président Chavez s’est adressé au pays, pendant trois heures, lors de l’inauguration d’un centre de santé à Barquisimeto. Afin de prévenir de possibles troubles, la Cour suprême avait ordonné dans son arrêt rendu public le vendredi précédant la fermeture de RCTV que l’armée prenne provisoirement position devant les locaux de la station.

Comme l’écrit Le Monde : « lorsqu’il parle en public, deux ou trois fois par semaine, toutes les chaînes de télévision et stations de radio doivent interrompre leur programmation et transmettre intégralement, en direct, les paroles du chef de l’État. La disparition de l’antenne de Radio Caracas Television a commencé par une harangue militaire et a fini par une opération de l’armée. L’utilisation de l’armée reflète, non seulement le style du « comandante » Chavez dans l’exercice de la présidence de la République, mais aussi la présence croissante des militaires dans son gouvernement, dans les programmes sociaux - les « missions » - et dans les entreprises publiques ».

Le chef de l’État a réfuté toute atteinte à la liberté de la presse : « Il n’y a pas de pays au monde où la liberté d’expression est aussi grande », a-t-il assuré.

Depuis dimanche, la situation reste tendue au Venezuela. Dans un discours radio-télévisé, M. Chavez a réaffirmé avoir pris une « mesure souveraine et légitime », en refusant de prolonger la licence de RCTV, remplacée dimanche par une « chaîne socialiste » TVES, financée par l’État. Rien n’y fait. La population ne décolère pas. Une manifestation a rassemblé lundi jusqu’à 5.000 personnes et a été dissoute par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Les manifestants se sont ensuite rassemblés sur la place Brion de Caracas, scandant « Liberté! », ce qui a entraîné de nouveaux tirs de gaz lacrymogènes par la police. Mardi, des milliers d’étudiants ont manifesté à Caracas et dans d’autres villes du pays, au lendemain des heurts avec la police qui ont fait 17 blessés dans la capitale. Les États-Unis ont réagi mardi en demandant au régime vénézuélien de revenir sur sa décision. « La liberté d’expression est d’un droit de l’Homme fondamental ».

Le dirigeant vénézuélien, qui ne s’était pas exprimé depuis la disparition de cette chaîne, a appelé ses partisans à « défendre la révolution contre cette nouvelle attaque fasciste » dans un discours diffusé à la radio et la télévision. Des étudiants - partisans du chef de l’État - issus de la nouvelle Université Bolivarienne créée il y a trois ans, vêtus pour la plupart de chemises rouges, la couleur emblématique du régime, ont manifesté leur soutien à la nouvelle chaîne officielle TVES et ils ont défilé jusqu’au palais présidentiel de Miraflores (Agence France-Presse).

Chavez a également profité de l’occasion pour mettre en garde Globovision - une des dernières chaînes encore opposées au gouvernement - contre d’éventuelles sanctions.

Conclusions

Seul l’avenir pourra dire si la décision d’Hugo Chavez aura un impact sur la confiance que lui a témoigné le peuple lors des dernières élections. En décembre dernier, les partisans du président Hugo Chavez avaient affirmé avoir remporté une victoire totale au Parlement du Venezuela, succès aussitôt qualifié d’ « illégitime » par l’opposition qui avait boycotté ces élections législatives, marquées par une forte abstention. Depuis le 1er février 2007, et après que le parlement vénézuélien lui en ait officiellement accordé les pleins pouvoirs lors d’une cérémonie solennelle, Hugo Chavez, un dirigeant ouvertement anti-américain et partisan de l’instauration du socialisme, est autorisé en vertu de la loi dite « d’habilitation » à gouverner par décrets pendant une période de 18 mois. Il s’est engagé à réformer la Constitution pour pouvoir se présenter indéfiniment et renforcer le contrôle de l’État sur l’économie. À peine trois semaines après sa réélection en décembre, le dirigeant socialiste, au pouvoir depuis 1999, avait annoncé qu’il mettait fin à la licence de Radio Caracas Television (RCTV) en vigueur jusqu’au 27 mai.

Hugo Chavez accélère la prise de contrôle de secteurs stratégiques tels l’électricité ou les télécommunications. Il accroît la participation de l’État dans les gigantesques gisements pétroliers de l’Orénoque jusqu’à présent aux mains de multinationales étrangères. C’est l’une des facettes du virage antilibéral de Chavez qui a, depuis, annoncé la sortie du Venezuela du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qualifiés de « mécanismes de l’impérialisme » pour exploiter les pays pauvres.

Ces changements sont minimes par rapport à l’ensemble des transformations que Chavez envisage pour le futur du Venezuela. Pourra-t-il mettre en place les cinq moteurs (ainsi qu’il les qualifie) de son nouveau socialisme vénézuélien :

  • 1e moteur : la loi hablitante, voie directe au socialisme ;

  • 2e moteur : la réforme constitutionnelle : état de droit socialiste ;

  • 3e moteur : morale et lumières, éducation basée sur des valeurs socialistes ;

  • 4e moteur : la nouvelle géométrie du pouvoir, la réorganisation socialiste de la nouvelle géopolitique de la nation ;

  • 5e moteur : explosion du pouvoir communal, démocratie protagonique, révolutionnaire et socialiste.

À priver le peuple de ses libertés et de ses choix (comme il en fut question avec la disparition de Radio Caracas Television), rien n’est moins sûr.

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mardi 29 mai 2007

Savoir dissimuler est le savoir des rois (Louis Armand du Plessis de Richelieu, 1640)

La notion de vie privée se rapporte entièrement au respect que nous avons de l’unicité d’autrui. Chaque individu a ses propres valeurs, qu’il choisit ou non de révéler. Le respect de cet individu exige que nous lui laissions vivre une vie privée. Le respect de cette vie privée favorise la liberté, l’autonomie et la dignité. L’alternative est une vie vide de sens et pleine de crainte, soumise à l’oppression d’une perpétuelle surveillance.

Bruce Phillips,

Commissaire à la protection
de la vie privée du Canada, 1999

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Le Figaro nous prévient : « Le 2 mai, en toute discrétion, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le ministère de l’Intérieur a mis en place sa nouvelle plate-forme technique d’interception des données de connexion aux systèmes de communication. Qu’il s’agisse d’un appel sur mobile, d’un courriel envoyé par Internet ou d’un simple texto, les « grandes oreilles » de la République peuvent désormais savoir qui a contacté qui, où et quand ».

Poursuivant cette bonne nouvelle, le Figaro relate que les enquêteurs peuvent désormais se faire transmettre en un clic ou presque par les opérateurs de téléphonie la liste de tous les appels entrant et sortant sur l’ensemble des lignes de l’abonné, se faire communiquer ses documents d’inscription avec son adresse et ses coordonnées bancaires. Ils peuvent aussi exiger de connaître tous les sites Internet ou adresses de forum sur lesquels il a pu se connecter.

Le hasard est parfois surprenant. Dans un rapport publié en août dernier, Amnesty International décrivait en détail comment elle s’était opposée, avec d’autres mouvements militants, à la généralisation des atteintes aux droits humains au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Le rapport attirait l’attention du public sur des conflits et d’autres situations où les violations des droits humains passent inaperçues, du fait que les États se concentrent sur des problèmes de sécurité nationale.

Du ministère de l’Intérieur, passons maintenant au ministère de la Justice : « De son côté, sans faire de bruit, la justice crée son propre système d’interception des SMS pour répondre aux réquisitions des juges d’instruction, mais aussi des parquets. Il pourrait être opérationnel dès juillet. Cette fois, les magistrats vont obtenir directement des opérateurs les contenus des messages. Et pas seulement dans les affaires de terrorisme ».

L’Angleterre aura ses caméras de surveillance : entre 250 et 400 millions de livres sont dépensés chaque année pour développer un réseau vidéo qui compte déjà près de 1,5 million de caméras. La France ses plateformes d’interception des courriels et SMS. L’Angleterre pourra échanger avec la France les résultats de ses enquêtes spéciales sur les citoyens que lui permet la loi de juillet 2000 appelée « Regulation of Investigatory Powers Act ». L’étendue de cette loi est fascinante : les services de renseignements, la police, le fisc ou les douanes peuvent, sans mandat judiciaire, se glisser dans les téléphones mobiles et les ordinateurs. Ils peuvent savoir où, quand et qui une personne appelle, sur quel site Internet elle se connecte et connaître le contenu de ses messages.

Serions-nous si éloignés des droits à la vie privée qu’au nom de la sacro-sainte sécurité nationale, tout est désormais permissible ? Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (art. huit (8) : « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (que la famille soit naturelle ou légitime), de son domicile et de sa correspondance. Une ingérence peut être considérée comme licite si elle constitue une mesure nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme interprète le droit au respect de la vie privée de manière extensive ».

Faudra-t-il reléguer aux oubliettes cette disposition, apparaissant dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et dans l’art. 226-15 du nouveau Code pénal, qui punit l’interception ou le détournement des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications et l’utilisation ou la divulgation de leur contenu, ainsi que la suppression ou l’ouverture de lettres ou de correspondances commises par des agents publics ou des particuliers de mauvaise foi.

Au Canada, sur la cueillette et l’échange des renseignements personnels, les principes sont toujours les mêmes :

Préoccupations des Canadiennes et des Canadiens concernant la circulation transfrontalière de leurs renseignements personnels et les risques possibles à l’encontre de la protection des renseignements personnels découlant d’une législation étrangère comme la USA PATRIOT Act

« Même si les rapports entre la sécurité nationale, l’exécution de la loi et la protection des renseignements personnels ne cessent d’évoluer, les Canadiennes et les Canadiens devraient toujours pouvoir compter sur une norme raisonnable en matière de protection de leurs renseignements personnels. Ils ne veulent pas que des gouvernements ou des organisations au Canada transfèrent les renseignements les concernant à d’autres pays, que ce soit à des fins de sécurité ou autres, s’il y a un risque de communication inappropriée. Cette stratégie met de l’avant la protection de la vie privée comme droit fondamental de la personne ». (Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Ottawa, 6 avril 2006)

Avant que les agents publics ne lisent davantage ce blog, je m’arrête. Mais avant de terminer pour terminer, une question me turlupine : pourquoi diantre ces ministères se montrent-ils si discrets sur les nouveaux développements informatiques ?

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samedi 26 mai 2007

Pour le sport, la Thailande massacre ses enfants !

Les mots sont inutiles. Les images sont insoutenables.

Un sport ? Non, l’horreur. Une enfance kidnapée. Une enfance dédiée aux paris clandestins. Une société, malgré l’interdit, qui se montre profondément dépravée. France24 nous fait pénétrer dans l’enfer de ces enfants boxeurs. La vie d’un enfant aussi jeune que quatre ans accepte de se faire massacrer pour assurer son avenir.Si vous avez le coeur solide, vous pouvez vous convaincre que le bonheur n’est pas réservé à tout le monde. À voir ici.

Frédéric Lepage pose la bonne question : « comment un pays où l’on pratique avec ferveur un bouddhisme pragmatique et doux, une religiosité accommodante et consolatrice, peut-il être aussi celui où l’on s’adonne au sport le plus violent du monde, un sport où sont bafouées toutes les règles enseignées aux enfants thaïlandais ? »

Jusqu’où peut-on témoigner de l’écoeurement d’une société complètement avilie ?

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vendredi 25 mai 2007

L'histoire rattrape KLM

Un reportage accuse la compagnie hollandaise d’avoir permis à des responsables nazis de s’enfuir en Argentine avec des documents falsifiés. La Suisse aurait délivré des passeports de remplacement à ces Allemands. Cyberpresse rappelle qu’un documentaire de la télévision hollandaise, diffusé il y a dix jours, prétend que KLM, la compagnie nationale des Pays-Bas, aurait aidé des nazis à traverser l’Atlantique via la Suisse au moyen de documents falsifiés, voire même sans papiers. A lire : Le Temps

Luc van Dongen est maître assistant d’histoire à l’Université de Lausanne. Son doctorat traite des Allemands, Italiens et Français compromis qui se sont réfugiés en Suisse pour ensuite s’enfuir en Argentine ou ailleurs avec des documents falsifiés. La Suisse n’exigeait pas de visa de sortie et la commission de contrôle alliée n’opérait pas en Suisse. Un arrangement secret aurait donc été passé début 1946 avec Swissair - qui prenait alors les réservations pour KLM et d’autres compagnies - pour que les noms puissent être soumis à la légation américaine : « J’ai reconstitué les trajectoires de 400 à 500 personnes au moyen du Fonds du Ministère public de la Confédération et de mes recherches dans les archives à l’étranger. L’éventail de compromission de ces personnes est large et leur présence sur sol helvétique diffère selon les cas. Certains ont simplement transité pour rejoindre l’Espagne, d’autres ne sont restés que quelques années avant de rejoindre leur pays; dans cette optique, il ne fallait pas fuir trop loin. J’ai également retrouvé des personnes qui se sont installées et qui sont enterrées en Suisse », explique Luc van Dongen. « Les gouvernements français et italien avaient connaissance du phénomène mais ont préféré ne pas ouvrir la boîte de Pandore, en n’enclenchant pas la machine judiciaire. Il y a une certaine ambiguïté. Au regard des accords de cette époque, la Suisse était tenue de renvoyer les personnes accusées d’un délit de droit commun, mais pas dans le cas de raisons purement politiques ».

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jeudi 24 mai 2007

Après Paul Wolfowitz, la dérive de la Banque mondiale

Les administrateurs prennent acte de la décision de M. Wolfowitz de démissionner de la présidence du groupe Banque mondiale, à compter de la fin de l’année fiscale (30 juin 2007).

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Une institution mise à mal. Un personnel démotivé. Un président américain incapable de franchir les frontières et ses préjugés. Quel héritage Paul Wolfowitz laissera-t-il à son successeur ?

Le prédécesseur de Paul Wolfowitz, James Wolfensohn, avait affirmé que l’arrivée de ce dernier à la Banque mondiale était une nouvelle terrifiante. « Je comprends que je suis, pour le dire avec des gants, une personnalité controversée. Mais quand on me connaîtra mieux, on comprendra que je crois avec conviction et sincérité à la mission de la Banque mondiale », déclarait Paul Wolfowitz le 31 mars 2005. Quand il prend ses fonctions à la présidence de l’institution financière internationale, il sait que la partie sera difficile (Reuters - 18/05/07).

Selon le Journal du dimanche : « Désormais, à chaque fois qu’il traverse le patio, certains fonctionnaires crachent par terre devant lui ! ». Le personnel de la Banque s’est réjoui de cette démission. « Tout le monde courait dans les allées, applaudissait et s’embrassait », raconte un employé. L’affaire a soulevé une vague d’indignation parmi les 10 000 salariés de l’institution, dont les représentants sont allés jusqu’à écrire au conseil d’administration pour se plaindre des conséquences sur leur travail, notamment dans la lutte contre la corruption. Si Paul Wolfowitz pensait sincèrement faire triompher la démocratie et les droits de l’homme, il n’aura su finalement, en idéologue agité, que déclencher des guerres destructrices, poursuit JDD. « Plus que six semaines, et Paul Wolfowitz sera relégué dans les poubelles de l’histoire de la Banque mondiale », écrit le site web Lefaso.net.

Rejeté par l’association des employés, condamné par ses actionnaires européens, il ne tenait plus que grâce à George Bush. En début de semaine, lors d’une dernière conférence téléphonique entre ministres des Finances du G8, même le Canada a dû lâcher les États-Unis : les employés canadiens de la Banque mondiale avaient menacé de se mettre en grève.

Alison Cave, qui dirige l’association du personnel, accuse Wolfowitz d’avoir porté atteinte à la réputation de la Banque mondiale : « Comment pouvons-nous dire à des gouvernements ce qu’il faut faire en faisant nous même le contraire? » L’animosité envers Wolfowitz au sein du personnel de l’institution financière est plus ancienne. Plusieurs lui reprochent d’avoir amené avec lui ses ex-collaborateurs du Pentagone et de la Maison blanche, reléguant au passage nombre de hauts fonctionnaires de la banque (Reuters - 18/05/07).

C’est en ces termes que le dépeignent les journalistes Gilles DELAFON et Guillemette FAURE du Journal du dimanche : « La chute de ce fils d’immigré juif polonais doit beaucoup plus à sa personnalité complexe, à ses obsessions, ses errements et ses dérives. De petite taille, coiffé d’une tignasse poivre et sel et le visage torturé, à 63 ans l’homme est d’abord un intello. Une “tête”, qui a enseigné à Yale et dirigé la John Hopkins University. Puis oeuvré trente ans dans l’administration, servant six présidents. Un engagé surtout. D’abord trotskyste, puis démocrate, il finit républicain, néo-conservateur ».

Ce diplômé de l’université de Chicago, né en 1943 et repéré par Richard Nixon au début des années 1970, est aussi l’un des penseurs du mouvement néo-conservateur qui, sous le mandat du démocrate Jimmy Carter, rejette l’isolationnisme et prône une diplomatie américaine plus agressive. Wolfowitz est une figure récurrente des administrations républicaines. Sous Reagan, il occupe différentes fonctions au département d’État. George Bush Sr le nomme au Pentagone, où il assiste l’actuel vice-président Dick Cheney et joue un rôle clef dans le financement de la guerre du Golfe, en 1991. La présidence Clinton marque son éclipse politique. Mais l’élection de George W. Bush le voit revenir au premier plan. De 2001 à 2005, il retrouve le Pentagone, dont il est le numéro deux (Reuters - 18/05/07).

Des voix, comme celle du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (Cadtm), s’élèvent de par le monde pour demander l’abolition pure et simple de la Banque mondiale pour violation régulière de ses propres statuts et de textes internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le débat est lancé.

Joseph E. Stiglitz, ex-économiste en chef sous la présidence de Wolfensohn et ancien Vice-président de la Banque mondiale (voir Agoravox), est certes moins radical mais il tire les leçons de cette expérience : « Dans ses efforts pour soutenir la démocratie et la bonne gouvernance, la Banque mondiale doit insister sur la qualité des systèmes : il importe de ne pas traiter les accusations de corruption à la légère et d’utiliser les preuves transmises aux autorités dans le cadre de procédures ouvertes, transparentes et indépendantes. Il est indispensable que le successeur de Wolfowitz garde cela à l’esprit. Pour être efficaces, les campagnes anticorruption doivent être justes et limpides. Il en va de même pour le choix du président de la Banque mondiale. Cette triste et navrante histoire connaîtrait un heureux dénouement si le successeur de Wolfowitz était choisi par le biais d’un processus ouvert et transparent. A quelque chose malheur est bon : espérons que ce soit le cas pour celui qui plane sur la Banque mondiale ».

Les réactions et les remises en question

Le Point fait état des réactions de l’Afrique face au népotisme de Paul Wolfowitz : « Comment peut-on faire la leçon à l’Afrique quand on utilise l’argent de la Banque mondiale pour donner une augmentation à sa petite amie? », a interrogé Dick Musisi Mpiima, président de l’Association des exportateurs, importateurs et commerçants d’Ouganda. Pour beaucoup d’Africains, cette affaire illustre la nécessité d’élargir la gestion de la Banque pour refléter la diversité de ses membres. Il se trouve également des Africains pour regretter son départ. Pour Alphonse Muzito, ministre du Budget de la République démocratique du Congo, Wolfowitz est la victime de ses ennemis au sein de la Banque. Mais tous s’accordent cependant sur le fait que le scandale envoie précisément le mauvais message aux dirigeants africains, très courtisés par les entreprises occidentales et par l’ambitieuse diplomatie chinoise.

Pour les Africains : « Le tohu-bohu soulevé par l’affaire Wolfowitz sonne plus tôt que prévu l’heure d’une remise à plat de l’accord de Bretton Woods (États-Unis), qui structure l’économie et la finance mondiales depuis 1944. Trois institutions étaient alors nées : le Fonds monétaire international (FMI), chargé de la surveillance des grands équilibres financiers ; la Banque mondiale, qui s’est imposée comme l’outil de financement du développement et de la lutte contre la pauvreté ; le GATT, transformé en Organisation mondiale du commerce (OMC), s’est vu confier la mission de libéraliser les échanges internationaux ».

Il convient de rappeler que la Banque mondiale est l’institution sœur du Fonds monétaire international (FMI) et toutes deux sont issues des accords de Bretton Woods en 1944 qui visaient à stabiliser le système financier international et éviter une répétition de la crise de 1929. En vertu d’une règle non écrite, les pays européens désignent le directeur-général du FMI, qui est donc un Européen, et les États-Unis le président de la Banque mondiale, qui est donc un Américain. Les États-Unis possèdent 16,38% des droits de vote au sein de la Banque, devant le Japon (7,86%), l’Allemagne (4,49%), la France et la Grande-Bretagne (4,30% chacun).

Plusieurs observateurs et acteurs du développement remettent en cause cette règle non écrite de désignation du président de la Banque mondiale. « Est-ce qu’il ne serait pas intéressant que la sélection d’un président se fasse sur le critère du mérite et pas forcément de la nationalité? » s’interroge Alexandre Polack, responsable de l’ONG de développement ActionAid. Les ONG qui en appellent à un processus plus transparent. «Il faut faire en sorte que le prochain dirigeant soit nommé sur la base du mérite et lors d’un processus transparent. Plus globalement, il faut une réforme globale. Car le fonctionnement actuel ne laisse aucune voix au chapitre des pays en développement, les plus concernés par la banque», a résumé Sébastien Fourmy, membre de l’ONG britannique Oxfam. Même constat à la direction de Greenpeace International. Jean de Matons, un ancien conseiller principal de la Banque mondiale, abonde dans le même sens. « Il est temps d’élargir le choix du candidat, surtout que le gouvernement des États-Unis n’est plus l’actionnaire principal de la Banque puisqu’il n’a plus que 16% du capital, alors qu’à l’origine, il avait 40% », a-t-il expliqué dans un entretien avec Camille Grosdidier.

165 spécialistes mondiaux du développement et représentants d’organisations non gouvernementales ont affirmé, dans une lettre ouverte, que la crise de la Banque mondiale témoignait de la nécessité de réformer ce processus de désignation. D’après eux, « les problèmes de Paul Wolfowitz à la Banque mondiale viennent en partie de l’impression générale qu’il défend surtout les intérêts américains plutôt que des objectifs devant faire l’objet d’un consensus général ».

Écartant a priori l’hypothèse Tony Blair, le président des États-Unis, George Bush, souhaite qu’un Américain succède à Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale. « Nous aimerions beaucoup que ce soit un Américain », a dit George Bush à Reuters en réponse à une question sur la succession de l’ex-numéro deux du Pentagone.

Une occasion que n’aura pas, une fois nouvelle fois, su saisir au vol le président américain, aveuglé par sa bulle. Interrogé sur l’éventualité d’une candidature du futur ex-Premier ministre britannique, Bush a répondu: « Je n’en ai pas parlé à Tony Blair, mais je pense qu’il serait bon qu’un Américain dirige la banque ».

Pour le Japon, « il est approprié que les Etats-Unis nomment un nouveau président (de la Banque mondiale) car ce pays joue un rôle vraiment majeur dans le développement de l’économie mondiale dans son ensemble, et des pays pauvres en particulier », a déclaré le ministre nippon des Finances, M. Koji Omi, précisant qu’il avait communiqué cette opinion la semaine dernière à son homologue américain Henry Paulson.

Une nouvelle banque : « Banco del Sur »

L’expert en développement, Alexandre Polack, responsable de l’ONG de développement ActionAid, fait remarquer que, au sein de la Banque mondiale, cinq pays concentrent l’essentiel des pouvoirs entre leurs mains alors que les 178 autres pays n’ont droit qu’à neuf sièges. Pendant la crise de la Banque mondiale sur la valse hésitation de Paul Wolfowitz, les représentants de l’Équateur, du Venezuela, de l’Argentine, du Paraguay, de la Bolivie et du Brésil en tant qu’observateur, se sont réunis pour discuter de la création d’une Banque du sud en Amérique latine.

Le Venezuela a annoncé son intention de se retirer du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. D’autres pays pourraient suivre : le président équatorien, Rafael Correa, a demandé au représentant de la Banque mondiale de quitter le pays, geste sans précédent. Le 13 décembre 2005, le Brésil décide de rembourser le montant total de 15,5 milliards de dollars qu’il devait au FMI. Deux jours plus tard, l’Argentine rembourse 9,8 milliards de dollars, s’économisant ainsi… 900 millions de dollars sur les intérêts. Le manque à gagner est considérable pour le FMI. Le 31 mars 2006, c’était au tour de la Bolivie de prendre ses distances vis-à-vis du FMI. Après 20 ans de collaboration quasiment ininterrompue, le pays ne cherche pas à renouveler l’accord qui vient à terme.

Pour Alain Faujas, la montée des économies émergentes a, dans le même temps, souligné le manque de représentativité de la Banque et du Fonds, traditionnellement dirigés par des Américains et des Européens qui y contrôlent la majorité des voix, alors que 185 pays en sont membres. […] L’afflux de devises en provenance des exportations de pétrole et de matières premières a permis, à partir de 2001, aux pays endettés de rembourser le FMI par anticipation : ce fut le cas du Brésil (15,5 milliards de dollars) et de l’Argentine (9,6 milliards), par exemple. Moins de prêts ont signifié pour le Fonds moins de remboursements et donc moins de recettes, menant à un déficit de 105 millions de dollars pour l’exercice 2006-2007. L’encours de ses prêts est tombé au niveau du dixième de celui d’une grande banque européenne, en moyenne ! (Le Monde Économie, 22.05.07)

Denise Mendez, commission internationale d’Attac France, écrit : « La décision de rompre avec le FMI et la Banque mondiale prisele 30 avril, par Hugo Chavez, Evo Morales et Daniel Ortega lors du Sommet de l’ALBA ( Alternativa Bolivariana para las Americas)est un acte iconoclaste, car le système de relations financières internationales créé en 1944 à Bretton Woods destiné à assurer la stabilité monétaire et la reconstruction puis le développement économique, paraissait intouchable et la centralité attribuée au dollar restait au dessus de tout soupçon. Le système financier issu de Bretton Woods avec sa dérive néolibérale, assurait l’hégémonie du dollar, la suprématie des pays du Nord par le mécanisme de l’endettement forcé des pays du Sud et le renforcement des corporations transnationales par les traités de libre-échange et les traités de protection de l’investissement […]. Les pays membres de l’ALBA opposent une autre logique qui inverse les priorités et place la solidarité et la complémentarité au cœur des échanges. En annonçant leur rupture avec le FMI et la Banque mondiale , ces pays ne tombent dans le vide car ils amorcent la création d’une autre architecture financière avec le BANCO del SUR ».

Avec plus de « 110 milliards d’euros de réserves internationales », Hugo Chávez se dit persuadé que la Banco del Sur dispose d’une marge de manœuvre appréciable. « Avec cette mesure, Chavez cherche une plus grande autonomie dans ses politiques macroéconomiques et dans les programmes sociaux. Il essaie de consolider aussi les marchés financiers alternatifs, comme celui qu’il vient de former en Amérique du Sud et ses relations avec des pays comme la Chine », a expliqué l’économiste Manuel Lopez.

Pour Mark Weisbrot, codirecteur du Center for Economic and Policy Research : « La Banque du Sud sera d’une grande utilité, parce que l’une de ses missions sera de garantir la stabilité dans la région en venant en aide financièrement aux pays en cas de coup dur. La Banque mondiale ne fait pas cela ». Selon toujours Mark Weisbrot : « La création de cette institution est très positive, parce que la Banque mondiale et le FMI font partie d’un cartel contrôlé par le département du Trésor américain, qui ne prend pas en compte les intérêts des autres pays lorsqu’il prend ses décisions ».

Comme l’indique Renaud Lambert, du Réseau d’Information et de Solidarité avec l’Amérique Latine (RISAL) : « La première conséquence de l’émancipation économique des pays latino-américains est la possibilité, pour eux, d’expérimenter d’autres politiques macro-économiques que celles imposées par Washington. Rien ne dit qu’ils réussiront et l’émancipation économique n’est pas une fin en soi. Toutefois, tout laisse à penser qu’elle permettra de remettre en cause la vulgate libérale, martelée depuis 25 ans « qu’il n’y a pas d’alternative ».

Il semble que Georges W. Bush et les Européens ignorent ces nouvelles donnes et qu’ils préfèrent se cantonner dans leurs nominations partisanes, sans aucune vision des réalités en Amérique latine : « D’Evo Morales en Bolivie à Daniel Ortega au Nicaragua, des dirigeants semblent vouloir s’aligner sur l’exemple du Vénézuela. Un tel réalignement politique en Amérique latine permet à des initiatives régionales de coopération de voir le jour. L’ALBA (l’Alternative bolivarienne pour les Amériques), une alternative à la ZLEA, plaide pour une organisation commerciale à vocation sociale plutôt que fondée sur la maximisation incontrôlée des profits ».

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mercredi 23 mai 2007

Les nouvelles torpilles de Fidel Castro

« Fidel Castro a repris presque tout le poids qu'il a perdu : environ 18 kg », a précisé M. Perez Roque cité par le quotidien Mexican Reforma. Bien évidemment, faute de le constater de visu, il faudra croire sur parole cette bonne nouvelle du régime cubain. Castro, 80 ans, n'est plus apparu en public depuis juillet dernier après avoir subi une opération intestinale. Entre temps, pour occuper ses heures libres, Fidel Castro écrit. Il en a le loisir. Le président cubain se consacre depuis bientôt deux mois à d'amples réflexions de nature écologique et politique qu'il communique à la presse officielle et étrangère. Comme l’indique Wikipedia, président à vie, Castro aura connu dix présidents des États-Unis : Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, G.H. Bush, Clinton et G. W. Bush. Ses réflexions sont comme des torpilles à tête chercheuse. Elles semblent atteindre leur but.


Les biocarburants


Dans un de ses articles, le Lider maximo de la revolucion cubana s'en prend violemment aux plans de développement - américain et brésilien principalement - des biocarburants, qu'il accuse de faire courir des risques de famine dans les pays en développement : « Quand la question de la production de biocarburants à partir d’aliments, qui sont toujours plus chers et plus rares, a été abordée aux Sixièmes Rencontres continentales de La Havane [contre les traités de libre-échange et pour l’intégration des peuples], l’immense majorité des participants a repoussé l’idée avec indignation. Mais il est toutefois incontestable que des personnalités dotées de prestige et d’autorité et agissant de bonne foi ont été gagnées à l’idée que la biomasse de la planète était suffisante pour faire les deux choses à la fois dans un délai relativement bref, sans penser à l’urgence de produire les aliments appelés à servir de matière première au bioéthanol et à l’agrodiesel ».


Fidel Castro n’hésite pas à pourfendre : « Le capitalisme s'apprête à pratiquer une euthanasie massive des pauvres, et plus particulièrement des pauvres du Sud, parce que c'est là que se trouve la majeure partie des réserves de biomasse de la planète requise pour la fabrication des biocombustibles ». À ses yeux : « La transformation des aliments en énergie constitue un acte monstrueux ».


Pour Fidel Castro : « la lutte contre la faim - environ deux milliards de personnes ont faim dans le monde - serait sérieusement entravée si l’on accroissait les surfaces semées en vue de la production d’agroénergétiques. Les pays où la faim est un fléau généralisé, verront comment leur agriculture sera rapidement reconvertie pour étancher la soif insatiable de produits énergétiques que réclame une civilisation fondée sur leur usage irrationnel. Il ne pourra en résulter qu’un enchérissement des aliments et, donc, une aggravation de la situation sociale des pays du Sud ».


le Lider maximo n’hésite pas à s’attaquer à un mythe qui, aux yeux du monde, justifierait la production de ces agréénergétiques : « Il est faux qu’ils ne polluent pas. S’il est vrai que l’éthanol émet moins de carbone, il n’en reste pas moins que sa fabrication pollue le sol et l’eau par des nitrates, des herbicides, des pesticides et d’autres déchets, et l’air par des aldéhydes et des alcools cancérigènes. Supposer qu’il est un carburant « vert et propre » est un mensonge ».


Les traités de libre échange


Fidel Castro s’oppose avec fermeté aux divers traités de libre-échange qui se signeraient à l’insu des populations et en dehors des cadres légaux des pays concernés : « les traités de libre-échange doivent aboutir un jour ou l’autre devant les congrès ou parlements qui doivent les ratifier. Or, le fait est que les congrès, et même celui de l’Empire, ont de plus en plus de mal à les ratifier. L’astuce est donc de dire que comme il ne s’agit pas de traités internationaux, ils n’ont pas à être ratifiés. Mais comme il s’agit bel et bien de questions qui bouleversent le cadre légal dans nos pays, on les présente par petits morceaux : telle modification d’une loi à un moment donné, telle autre à un autre moment… On met en œuvre tel ou tel décret du pouvoir exécutif, on modifie les normes opérationnelles, les règles de fonctionnement standard, mais on ne présente jamais l’ensemble complet. […] De toute façon, bien qu’on les négocie dans notre dos, et en général dans le dos de tous les peuples, les traités de libre-échange doivent se traduire un jour ou l’autre dans un texte écrit à présenter devant les congrès. C’est alors que nous en connaissons la teneur ».


Il était prévisible que le Lider maximo s’en prenne à ce qu’il appelle l’Empire : « L’essentiel de cette lutte concerne les traités de libre-échange, notamment ceux avec les États-Unis, qui ont été approuvés au Guatemala, au Honduras, en El Salvador et au Nicaragua, à feu et à sang, et ce n’est pas une expression rhétorique. Au Guatemala, des militants ont été assassinés quand ils s’y opposaient. Cette lutte nous a permis de constituer un axe d’articulation et de mobilisation du plus vaste mouvement populaire unitaire dans la région. Au Honduras, les députés ont abandonné le Parlement, brisant le cadre minimal de légalité constitutionnelle. […] Un an après, les traités de libre-échange n’ont apporté à aucun pays centraméricain ni plus d’emplois, ni plus d’investissements, ni de meilleures conditions de la balance commerciale. Nous lançons aujourd’hui dans toute la région le mot d’ordre de réforme agraire, de souveraineté et sécurité alimentaires, en tant qu’axe central pour nos pays éminemment agricoles ».


La Vieille Albion


Fidel Castro, pour son neuvième commentaire, ironise sur la nouvelle génération de sous-marins nucléaires britanniques, qui « couleront ce qui reste de prestige » à la Grande-Bretagne en réalisant « l'holocauste de l'espèce » humaine. Dans cet article, Fidel Castro ironise en reprenant à son compte un article d’El Mercurio, du Chili, qui déploie la nouvelle en manchette : « Les dépêches de presse nous l’ont annoncé. Il est de la classe Astute, le premier en chantier en Grande-Bretagne depuis plus de vingt ans ».


Décrivant en long et en large les particularités du nouveau sous-marin britannique (« On dirait un animal maléfique »), le Lider maximo n’hésite pas à lancer quelques torpilles de son cru contre ce projet : « Bel exploit de la Grande-Bretagne ! Le peuple britannique, intelligent et tenace, n’en tirera sûrement aucune fierté. Le plus affligeant, c’est qu’avec une somme pareille on pourrait former 75 000 médecins en mesure de soigner 150 millions de personnes, à supposer que le coût de la formation d’un médecin au Royaume-Uni soit le tiers de ce qu’elle vaut aux États-Unis. Ou alors on pourrait bâtir 3 000 polycliniques dotées d’équipements de pointe, soit dix fois plus que celles que compte notre pays ».


Pour bien appuyer sa critique, Fidel Castro reprend une dépêche de l’Associated Press : « La compagnie d’armements BAE Systems construira deux autres sous-marins du même type », informe l’Associated Press. Le coût total des trois submersibles, selon des calculs qui seront vraisemblablement dépassés, sera de 7,5 milliards de dollars. […] Inclinons-nous donc, pleins d’émotion, devant ce sous-marin britannique dont nous parlent les dépêches de presse, qui nous éclairent, entre autres choses, au sujet des armes perfectionnées grâce auxquelles on prétend maintenir l’ordre insoutenable mis en place par le système impérial des États-Unis ».


Fidèle à lui-même, le Lider maximo n’hésite pas à se citer en exemple : « Cuba, qui s’est préoccupée dès la victoire de la Révolution de former des médecins, des enseignants et d’autres professions, compte aujourd’hui, pour ses moins de douze millions d’habitants, plus de spécialistes en médecine générale intégrale que toute l’Afrique subsaharienne ne compte de médecins avec ses plus de 700 millions d’habitants ».


Dernière torpille de Fidel Castro : « Churchill avait lancé le cri de : « Coulez le Bismarck ! » Celui de Blair est : « Coulez ce qu’il reste du prestige de la Grande-Bretagne ! »


L’effet Michael Moore


Moore a, dans le cadre de son film Sicko, emmené des malades américains tester l'excellence des soins gratuits à Cuba, faisant fi de l'embargo instauré par le gouvernement contre le pays de Fidel Castro. « Je ne prends pas la menace de prison à la légère », a déclaré le cinéaste. De sérieux ennuis attendent le réalisateur de Fahrenheit 11/09 à son retour aux États-Unis. Refoulé par les autorités militaires de Guantanamo, le groupe se rend à La Havane, où les citoyens sont pris en charge gratuitement par un système de santé cinq étoiles. Pas d’attente, des équipements « dernier cri », des médicaments qui ne coûtent presque rien, les nouveaux amis de Moore croient rêver, eux qui se battent depuis des années avec leurs compagnies d’assurance médicale.


Avec Sicko, son nouveau « J'accuse » consacré au système de santé américain, Michael Moore s'emploie à démontrer par A+ B, en voyageant au Canada, en France, en Grande-Bretagne et à Cuba pour des séquences d'anthologie, que le système de santé américain est le pire du monde occidental. « Mon film est un appel à l'action. Je ne veux pas attendre vingt ans pour avoir une couverture médicale universelle aux États-Unis », déclare Michael Moore. Un bébé qui naît au Salvador a, selon Michael Moore, aujourd'hui, davantage de chances de survie qu'un bébé qui voit le jour sur le sol des États-Unis, et que l'espérance de vie des Canadiens est plus élevée que celle des Américains. C'est ainsi également qu'un même médicament peut coûter 5 cents à Cuba et 120 dollars aux États-Unis, information qui apparaît lors de l'épatant chapitre consacré à Cuba et à la base de Guantanamo, unique parcelle américaine où le système de santé est libre, solidaire et gratuit pour les prisonniers comme pour leurs gardiens. Il est évidemment obligé de renoncer au projet de faire soigner ses amis à Guantanamo, mais pas à celui d’aller faire examiner sa petite troupe dans les hôpitaux cubains avec des résultats présentés comme remarquables.


« Où est passée notre âme ? »


Un moment émouvant est celui où des « soldats du feu » cubains rendent hommage à trois de leurs homologues américains, atteints de graves troubles respiratoires en raison du temps qu’ils ont passé dans les décombres du World Trade Center, à la recherche de survivants.


Ce qui ne doit pas déplaire au Lider maximo


 


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mardi 22 mai 2007

Rien ne va plus chez Dell

DellAprès avoir perdu sa place de leader mondial des fabricants de PC au profit d’HP et d’être impliqué dans un scandale financier, Dell entame sérieusement son capital de confiance auprès de sa clientèle. Le constructeur est poursuivi par un juge du tribunal de l’État de New York pour avoir donné à ses clients des informations mensongères sur la tarification de ses produits, pour avoir fait passer des pièces d’occasion comme neuves et pour avoir incité des utilisateurs à ouvrir leur ordinateur via son service de soutien téléphonique, ce qui met immédiatement fin au contrat de garantie.


Le procureur de l’État de New York, André Cuomo, a déclaré : « Chez Dell, le service client signifie pas de service du tout. Les clients de Dell ont été induits en erreur de manière intentionnelle, et ils ont dû, en outre, payer pour obtenir ce privilège. J’espère que ce processus fera comprendre que la simple fourniture de produits ne suffit pas, mais que le fournisseur doit également tenir les promesses auxquelles il s'est engagé ».


Rien de moins. La liste s’allonge.


Dell est accusée d’avoir dirigé des clients vers la division Dell Financial Services qui leur proposait des plans de financement avec des taux d’intérêt allant jusqu’à 20 %. Le service client se serait révélé de piètre qualité aux utilisateurs ayant acheté des contrats de service au prix fort. A ce propos, la filiale Dell Financial Services est accusée d’avoir effectué des prélèvements injustifiés sur des comptes clients, d’avoir omis de créditer des sommes dues et d’avoir harcelé ses clients.


Il semblerait que cela ne serait que la partie visible de l’iceberg.


Dell n'est plus ce qu'il était. En un an, sa croissance a été stoppée net et ses profits ont fondu de 30%. Principale raison : le groupe texan a « raté » l'explosion du marché des ordinateurs portables. Comment le fondateur Michael Dell, qui a repris les rênes en janvier, pourra traverser pareille crise?


 


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lundi 21 mai 2007

Jimmy Carter dénonce haut et fort Bush et Blair

Toute dissidence à la politique de Georges W. Bush est fort mal vue comme nous le rappelle la déclaration de Dick Cheney à Fox News de Jordanie : « Le vice-président a pratiquement accusé les démocrates au Congrès qui appuyaient les mesures législatives, comme Feingold, de trahison en faveur des terroristes. « Donc, si vous êtes un représentant public défendant le retrait de l’Irak, dit Cheney, en fait, ce que vous dites également, c’est que ce que vous recommandez, c’est de valider la stratégie d’Al-Qaïda ». Jimmy Carter est-il un mauvais patriote et pencherait-il maintenant du côté d’Al-Qaïda ?


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Un concert d'éloges


Lors de leur récente rencontre, la semaine dernière à Washington, George W. Bush et Tony Blair ont déclaré n’avoir aucun regret sur l'intervention en Irak. Blair et Bush ont rivalisé de compliments l'un pour l'autre et ont tous les deux défendu leur décision d`intervenir en Irak, malgré leur chute de popularité qui en a résulté.


Selon Michael Cox, spécialiste des relations transatlantiques, Tony Blair a davantage d'amis aux États-Unis qu'en Grande-Bretagne même, et davantage d'admirateurs dans le seul Texas qu'en France et en Allemagne réunies. « Les Américains admirent la loyauté », souligne, dans le Financial Times, Ted Wilmer, un ancien conseiller de Bill Clinton, en regrettant que Blair n'ait pas tenu tête à Bush sur l'Irak comme Jacques Chirac.


« Il y a beaucoup de fanfarons dans le monde politique, mais Tony Blair est quelqu‘un qui reste fidèle à ses convictions », s'était enthousiasmé le président américain lors d’une conférence de presse conjointe la semaine dernière à Washington. Tony Blair venait à Washington pour une tournée d’adieu avant de quitter son poste. « Il va me manquer, c'est quelqu'un de remarquable, et je le considère comme un bon ami », a déclaré Bush, commentant l'annonce du départ du pouvoir de M. Blair. En retour, Blair a loué les qualités de son hôte, décrivant Bush comme « un leader puissant dans un monde qui en avait besoin ». Cette loyauté aura-t-elle des suites ?


Du sable dans l'engrenage


Selon le Sunday Telegraph et CNN, Georges W. Bush a été informé par ses collaborateurs qu'il devait se préparer à un retrait possible des troupes britanniques d'Irak. Cette annonce devrait intervenir au cours des 100 jours suivant l'entrée en fonction du nouveau premier ministre britannique, donc après le remplacement de Tony Blair par Gordon Brown au 10 Downing street. Gordon Brown voudrait rapidement mettre un terme à la participation militaire de son pays dans cette guerre très impopulaire, qui coûte très cher politiquement au Parti travailliste. En effet, selon une enquête d'opinion réalisée pour l'"Observer ", 58 % des sondés estiment que l'aventure irakienne est le plus gros échec du premier ministre Tony Blair. Ils en veulent surtout à Tony Blair de les y avoir entraînés sur la base d'un faux prétexte : celui des armes de destruction massive que Saddam Hussein aurait accumulées, mais dont les forces occidentales n'ont trouvé aucune trace. Fait à noter : 5500 soldats britanniques sont encore stationnés en Irak, contre 7100 en 2006.


Une voix discordante dans le concert des éloges


Ces congratulations mutuelles ne sont pas au goût de Jimmy Carter. Quelques jours plus tard, le prix Nobel de la Paix, âgé de 81 ans, vient de remettre les pendules à l’heure. Brutalement. Habitué au ton feutré des salons des Nobel de la Paix, l’ex-président envoie un message au monde politique américain qui le reçoit comme une onde de chocs. Jimmy Carter qui dénonce vertement Georges W. Bush et Tony Blair. Jimmy Carter connaît la Maison Blanche puisqu’il l’a occupée de 1977 à 1981 en tant que 39e président des États-Unis.


Son constat est impitoyable : « As far as the adverse impact on the nation around the world, this administration has been the worst in history » […] « L'administration Bush est la pire de l'histoire en matière de relations internationales », a déclaré, dans les colonnes de l’Arkansa Democrat-Gazette , l’ancien président américain.


En entrevue, Jimmy Carter a monté sa critique d’un cran : « We now have endorsed the concept of pre-emptive war where we go to war with another nation militarily, even though our own security is not directly threatened, if we want to change the regime there or if we fear that some time in the future our security might be endangered » […] « Nous avons désormais avalisé le concept de guerre préventive (...) alors même que notre propre sécurité n'est pas directement menacée, quand nous voulons changer un régime ou redoutons que notre sécurité puisse à l`avenir être compromise ». […] « Cela marque un changement radical par rapport aux politiques menées par toutes les autres administrations ».


Le prix Nobel de la Paix critique sans détours le président George W. Bush pour sa politique au Proche-Orient, relevant qu'il y a « zéro pourparlers de paix » entre Israël et Palestiniens : « Le revirement manifeste des valeurs essentielles de l’Amérique exprimées par les précédentes administrations, y compris celles de George H.W. Bush, Ronald Reagan, Richard Nixon ou d’autres, a été à mes yeux le plus perturbant ».


Selon Jimmy Carter, l'administration Bush a de surcroît « abandonné ou directement » remis en cause tous les accords négociés par ses prédécesseurs en matière d`armes nucléaires et d`environnement.


Décidé de manifester son profond mécontentement, Jimmy Carter est sorti de sa réserve pour porter son jugement jusqu’en Angleterre. Interrogé au micro de la BBC sur la personnalité du Premier ministre britannique Tony Blair, qui quittera ses fonctions le 27 juin, M.Carter a répondu : « Abominable. Loyal, blind, apparently subservient ». […] « Lamentable, fidèle, aveugle, apparemment servile ». Et d'ajouter : « Je pense que le soutien presque indéfectible de la Grande-Bretagne aux politiques mal avisées du président Bush en Irak a été une tragédie majeure pour le monde ».


Un départ...


Monsieur Georges W. Bush est généreux lorsqu’il s’agit de ses amis : « Paul Wolfowitz est un homme honnête, passionnément attaché au sort des pauvres dans le monde entier. Nous aurions préféré qu'il reste à la Banque mais le Président (Bush) accepte avec réticence sa décision. La Banque mondiale est une institution importante pour sortir les gens de la pauvreté et nous sommes des donateurs très généreux. Le Président (Bush) annoncera bientôt un candidat afin de permettre une transition ordonnée qui permettra à la Banque mondiale de se concentrer à nouveau sur sa mission », ajoute-t-on de même source.


Une arrivée pressentie


« On ne rencontre guère, pour se déclarer satisfaits du pouvoir, que ceux qui y participent » (Maurice Druon). Le successeur pressenti ? La rumeur désigne monsieur Tony Blair qui quittera à la fin de juin ses fonctions, en même temps que monsieur Paul Wolfowitz. Joseph Stiglitz, ancien vice-président et économiste en chef de la Banque Mondiale, s'est déjà positionné en faveur de « quelqu'un avec une vraie expérience du développement ». Il a ajouté que « M. Blair a clairement été un leader politique qui a le type de relations dont on a besoin, ce qui serait utile pour le chef de l'institution ».


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vendredi 18 mai 2007

Nicolas Sarkozy : président ou premier ministre ?

Il n’y a pas une politique économique de droite et une politique de gauche, il y a une politique qui marche et une qui échoue. En tant que socialiste, je choisis la politique qui marche ; et je peux distribuer ensuite, en socialiste, les fruits de la réussite.


Tony Blair


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La France a tranché : elle a privilégié Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal. Cela serait si simple. La droite est plurielle. La gauche est plurielle. Comment satisfaire les uns comme les autres dans cette mosaïque ?


Jean-Louis Debré président du Conseil Constitutionnel annonce: «Vous êtes le sixième président de la Ve République ». Nicolas Sarkozy est maintenant le président de la République de France. Réaliser un rêve à 52 ans est une chose. Le mener à terme en est une autre.


Voilà d’abord une élection qui s’inscrit hors du commun : participation atteignant un sommet jamais vu depuis 1965 (83,7 % au premier tour, 37 millions de votants, 85 % au second) et forte hausse des inscriptions sur les listes électorales (3,3 millions d’électeurs supplémentaires, soit 7,5 % de plus par rapport à 2002). Plusieurs observateurs politiques français ont mis en relief le fait que, contrairement à la tradition qui veut que « on choisit au premier tour, on élimine au second », les Français ont choisi d’« éliminer » dès le premier tour. Parmi ces observateurs, Serge Faubert, ancien directeur de la rédaction de France-Soir, en vient à la conclusion que : « la victoire de Nicolas Sarkozy est d’abord une victoire par défaut. Lorsque le parti du mouvement n’incarne plus justement ce mouvement, le parti de l’ordre n’a plus qu’à se baisser pour se parer de son ramage ». Et plusieurs autres ont même conclu que l’électorat français avait renoué avec la bipolarisation, calquant ainsi le modèle américain : démocrates contre républicains.


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Le clivage semble profond. La fracture est proportionnelle aux divisions tangibles de la France. Polarisation entre gauche et droite au détriment du centre. D’aucuns rétorqueront que c’est plutôt le centre qui a polarisé davantage la gauche et la droite par son élévation dans les résultats du vote populaire. Il ne suffit pas de se faire élire. Il faut gérer. Gérer c’est prendre des décisions. C’est également rassembler et non désunir. Le consensus sera-t-il possible dans une France aussi distinctement polarisée entre deux factions rivales qui s’épient à qui mieux mieux. En plein défi d’autorité, de la part du ministre des Finances, rappelez-vous ces mots de Jacques Chirac le 14 juillet 2004 : « Je décide, il exécute ». Le 14 janvier 2007, trois ans plus tard, en se lançant dans la bataille présidentielle, l’ex-ministre des Finances lance : « J'ai changé ». Maintenant président, Nicolas Sarkozy accepterait-t-il une mise au défi aussi claire de l’un de ses ministres ? Pourra-t-il en définitive réussir à créer une solidarité ministérielle exemplaire au sein d’une équipe qu’il voudrait plurielle ? « Je veux dire ma conviction qu'au service de la France il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l'intérêt général ».


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La force des mots


Les premiers mots du président de la République m’ont laissé songeur : « Le 6 mai, il n'y eu qu'une seule victoire, celle de la France qui ne veut pas mourir. […] Je pense au peuple français qui a toujours su surmonter les épreuves avec courage. Je pense avec émotion à cette attente, cette espérance, ce besoin de croire à un avenir meilleur. Je pense avec gravité à ce mandat qui m'a été confié. Je pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves et qui s'est toujours relevé (...) ». La France qui a traversé tant d’épreuves ? Et les réussites de la France ? S’en trouveraient-elles qui aient pu être dignes de mention dans ce premier discours présidentiel ? Tourné vers le passé, davantage que vers l’avenir, le président veut : « rompre avec les comportements du passé et le conformisme intellectuel qui a fait tant de mal à notre démocratie » et « liquider l'héritage de mai 68 ».


De manière surprenante, le nouveau président envoie un signe d’apaisement à ses amis américains sur la base de tragédies communes, ignorant la valorisant des succès communs : « Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu’ils peuvent compter sur notre amitié qui s’est forgée dans les tragédies de l’Histoire que nous avons affrontées ensemble ». La souffrance serait-elle le commun dénominateur qui unira la France à ses amis : « La France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves, lance un appel à nos amis Américains qu’ils peuvent compter sur notre amitié qui s’est forgée dans les tragédies de l’Histoire ? »


Force est de constater que nous retrouvons là deux déclarations majeures, fondées sur une volonté de paix, qui se réclament d’épreuves et de tragédies. Approche éminemment biblique coulée dans l’airain de la rédemption.


Avant sa confirmation présidentielle, Nicolas Sarkozy avait développé une imagerie populaire pour marquer les esprits. Il n’hésitait pas à provoquer.


Pour rappels :



  • « Si l’on excuse la délinquance aujourd’hui, il faut s’attendre à la barbarie demain ».

  • « Il y a 60 000 détenus en France. Qui décide que c’est trop ? Par rapport à quels critères ? Je souhaite qu’aillent en prison ceux qui le méritent ».

  • « Si nous continuons avec la même quasi-impunité garantie aux mineurs délinquants, nous nous préparons à des lendemains très difficiles, et nous n’aurons à nous en prendre à nous ».

  • « Je demande qu’il n’y ait pas de libération provisoire pour un délinquant sexuel qui n’accepte pas de suivre un traitement chimique. Qu’on le mette comme condition à sa libération ».

  • « Les droits de l’homme, pour moi, ce sont avant tout les droits de la victime ».

  • « Il faut agir plus tôt, détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, dès le primaire, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes. - Dès la maternelle ? - Oui ! »

  • « Le voile, les «grands frères», les mariages forcés, la communauté turque dont certaines femmes ne parlent pas un mot de français, les nouveaux venus qui vivent entre eux, les quartiers difficiles avec des ghettos, tout cela, c'est une invention de ma part ? »

  • « Oui, je suis né hétérosexuel. Je ne me suis jamais posé la question du choix de ma sexualité. C'est pour cela que la position de l'Eglise consistant à dire « l'homosexualité est un péché » est choquante. On ne choisit pas son identité. Vous, à quinze ans, vous vous êtes demandé : «Au fond, suis-je homosexuel ou hétérosexuel ? »


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Gouverner, c’est décider


L’Agence France Presse rappelle que François Fillon, dans son livre, « La France peut supporter la vérité », publié à l'automne 2006, se disait, entre autre, favorable à une présidentialisation mesurée du régime : « il est impensable que le président de la République ne gouverne pas, réellement. Il doit diriger le gouvernement, expliquer régulièrement ses choix au pays, rendre des comptes au Parlement », ce qui nécessite, pour ce dernier point, une réforme constitutionnelle. Dans le même temps, monsieur Fillion estime que le Premier ministre ne doit pas être « aux ordres du président de la République ». Les ministres démissionnant ou démissionnés du gouvernement pourraient automatiquement récupérer, le cas échéant, leur siège de parlementaire sans devoir passer par une élection partielle. M. Fillon se prononce pour que les nominations à des postes publics soient ratifiées par le Parlement. Cette position du Premier ministre suppose une présence accrue du président dans la gestion des affaires de l'État. La cohabitation risque d'être difficile, dans les années à venir, si une telle réforme devait se réaliser.


« Le président de la République devra gouverner ». Chose promise... titre Libération. Nicolas Sarkozy plonge les mains dans le cambouis d'EADS, à Toulouse. Une première pour un chef d'État, à peine intronisé, qui prend en charge l'un des plus gros dossiers industriels sur la table. Dans ce schéma, le rôle du Premier ministre devrait alors être réduit à celui d'un super directeur de cabinet, un chef d'équipe ministérielle. Libéral, mais croyant en l'intervention publique et volontariste, Nicolas Sarkozy se veut aussi un manager, désireux d'appliquer à l'État certains canons de l'entreprise privée.


Les membres du gouvernement de monsieur Nicolas Sarkozy endosseront-ils, tout un chacun, en leur âme et conscience, ce nouveau style de gestion du président de la République ainsi que les dérives verbales qui pourraient s’échapper, accidentellement ou volontairement, des déclarations présidentielles ? Fort de l’imagerie populaire de super manager et de décideur frondeur développée au cours des cinq dernières années, forgée dans une idéologie conservatrice profonde, le cabinet ministériel pourra-t-il se souder dans une indéfectible solidarité à l’égard du président de la France ?


Comment le président lui-même gérera-t-il des dérives – hors des sentiers battus – d’un ministre qui pourrait être tenté de minimiser la politique présidentielle, voire de s’en désolidariser ? En bref, comment le président Nicolas Sarkozy acceptera-t-il de gérer un ministre qui aurait un comportement similaire au sien durant les années Chirac ?


À vouloir rassembler les tendances de gauche avec celles de droite, et donner ainsi une image d’ouverture à son gouvernement, le président Sarkozy ne se tend-il pas lui-même un piège qui se refermera brutalement sur sa propre gestion politique intérieure ?


Si, parmi les 47 pour cent d’électeurs qui n’ont pas approuvé sa politique, il s’en trouve pour se lever et contester brutalement – avec bruits et fureurs – ses décisions, ordonnera-t-il à son cabinet ministériel de revenir à cette règle : « Je demande aux policiers non plus de faire de l’ordre public mais d’interpeller ». Le futur ministre de l’intérieur devra-t-il, en son âme et conscience, suivre les traces de son prédécesseur et, encore une fois, appliquer cette règle si chère aux yeux du président : « C’est une police d’interpellation, la police n’a pas à conduire une action sociale, la police a à conduire une action de répression pour que les citoyens puissent vivre en toute tranquillité ».


Sur une décision judiciaire avec laquelle le nouveau président serait en désaccord, interviendra-t-il brutalement auprès de son Garde des Sceaux pour lui intimer, à l’inverse, cette ordonnance qu’il a formulée du président Chirac : « En conseil des ministres, j’ai demandé au président de la République de demander au Garde des Sceaux ce qu’il allait advenir du magistrat qui avait osé remettre un monstre pareil en liberté » ?


Monsieur le Président de la République pourra-t-il gérer la séparation des pouvoirs qui a si longtemps gouverné la France ? Avec un Nicolas Sarkozy hyperactif et dominateur, la lumière ira forcément vers l'Élysée (Le Monde, 17 mai 2007). Aura-t-il maille à partir avec le Conseil constitutionnel qui pourrait formuler des avis que n’apprécierait pas du tout le Président de la République ? Ce dernier pourrait-il aller jusqu’à créer une crise remettant en cause certaines orientations relatives à la défense des droits de la personne parce celles-ci ne s’inscrivent pas dans sa volonté de réformer l’État ?


Qui sera l’heureux élu pour mener à terme la création du ministère de l’Identité nationale ? Ce ministère naîtra-t-il dans un esprit de consensus ou de division au sein de la France ? Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays, disait le président Sarkozy. S’il se trouve une tranche importance de la France qui s’élève contre ce principe de l’identité française au détriment d’une immigration et des droits de la personne, sera-t-elle considérée parmi ces « bonnes volontés qui aiment leur pays ? » ou des ennemis de l’État ? Les ministres qui, en leur âme et conscience, vivront difficilement ce clivage des Français de souche et des immigrants à qui on leur donne un privilège de l’adoption, pourront garder intacte leur solidarité ministérielle ? Comme l'écrit Laurent Joffrin, de Libération : « La fermeté, encore rappelée dans le discours d'hier, en matière de délinquance ou d'immigration, donnera forcément lieu à des excès législatifs ou pratiques dont le ministre de l'Intérieur d'hier, aujourd'hui président, a donné maintes fois l'exemple. Ce programme annoncé suscitera une opposition légitime ».


En terminant, dans sa gestion avec le Conseil des ministres, le président de la République donnera-t-il à son premier ministre la marge de manœuvre nécessaire pour la bonne conduite et la bonne gouverne de l’État, privilégiera-t-il la collégialité. « Je défendrai l'indépendance de la France, l'identité de la France, l'impartialité de l'État », déclarait-il. Il faudra regarder de près le mode de gestion qu’entendra imposer le nouveau président. Lors de son passage au ministère de l’Intérieur, il avait indiqué sa notion de la gestion par résultats : « J’exigeai d’avoir chaque soir un état récapitulatif des statistiques de la délinquance et de l’immigration. Je décidai de les publier chaque mois, afin que nos résultats soient vérifiables et connus de tous. Je créai les réunions “3+3” : chaque mois, je recevais les trois préfets dont les résultats étaient les meilleurs et les trois préfets dont les résultats étaient les plus mauvais ; les premiers pour les féliciter, les seconds pour comprendre et les aider à progresser » (“Témoignage”, Nicolas Sarkozy, XO Editions, p 32).


Beaucoup de questions. Des réponses viendront au cours des 100 premiers jours de son règne. Et d’autres viendront dès la première crise du cabinet des ministres et les premiers faux pas d’un ministre marquant trop promptement sa dissidence à l’égard de l’autorité présidentielle.


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Une première réception positive


Selon un sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI, 61% des Français approuvent la nomination de François Fillion au poste de Premier ministre, 68% le trouvent courageux, 65% compétent. Ils sont moins nombreux à le trouver sympathique (53%) et à l'écoute des Français (50%). A peine plus de la moitié (52%) le jugent capable de faire les réformes dont la France a besoin. 83% de ses électeurs approuvent la nomination Bernard Kouchner au Quai d’Orsay.


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Conclusions


Si tant est que la chose soit prévisible, il faudra surveiller, au cours des prochains mois, la gestion du président Sarkozy dans une situation de crise que pourrait générer l’un des événements suivants :



  • Réactions à venir du Président de la République face aux législatives de juin 2007

  • Relations de la Présidence avec le Conseil des ministres

  • Déclarations présidentielles sur la conduite des affaires intérieures du gouvernement

  • Dissidence ou déclaration malencontreuse d’un ministre

  • Contestation aggravée sur une orientation ou un virage radical du gouvernement en regard d’une politique séculaire de la France relativement aux droits de la personne, à ses relations avec les partenaires étrangers, à de nouvelles stratégies économiques, fiscales, politiques, etc.

  • Relations du Président avec les groupes traditionnellement acquis à l’État, tels que le patronat, les think thank économiques d’obédience conservatrice, etc.

  • Comportement du président de la République à l’égard des groupes de pression hostiles ou groupes de pression syndicaux remettant en question certaines grandes orientations stratégiques énoncées dans le programme électoral

  • Débats parlementaires à l’Assemblée nationale et comportement de l’équipe ministérielle – députés et ministres - relativement à la défense des décisions du gouvernement


La grande question fondamentale est la suivante : Nicolas Sarkozy, pour qui rien ne sera plus pareil, débordera-t-il de ses fonctions de président pour s’ingérer régulièrement dans les affaires de l’État, dans le domaine judiciaire ou dans le domaine législatif ? Là est toute la question. La droite a fait campagne sur le slogan de « la rupture tranquille » ? « La rupture, c'est Nicolas; la tranquillité, c'est François », résume le député UMP Dominique Paillé (Le Monde, 17 mai 2007). On verra bien.


Il faudra surveiller deux promesses du nouveau premier ministre : a) le respect de tous les engagements pris parce que la rénovation de la vie politique est à ce prix et b) une démonstration que la France aujourd'hui est plus solide qu'elle ne l'était il y a cinq ans.


 


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jeudi 17 mai 2007

Les militaires américains en difficultés en Irak et interdits de YouTube et MySpace


  • En Irak, hélicoptères, avions de chasse et 4.000 soldats américains motorisés et à pied, sont toujours mobilisés dans le sud de la capitale, dit le triangle de la mort, pour tenter de retrouver trois des leurs

  • Depuis le lundi 14 mai, le Pentagone a interdit l’accès à une douzaine de sites internet de partage ou de socialisation comme MySpace et YouTube – représentatifs du web 2.0 – sur son réseau informatique interne.



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Un groupe pouvant appartenir à la nébuleuse Al-Qaïda affirme par Internet détenir trois GI's américains en représailles du viol de la jeune Agir, une adolescente de 14 ans qui, l'an passée, a été tuée avec ses proches par des soldats américains dans ce même secteur. Les militaires américains ont disparu dans la nuit de vendredi à samedi après que leur convoi ait été la cible d'un engin explosif qui a tué cinq soldats dont un interprète irakien. Ces derniers décès portent à quelque 3.400 le nombre de soldats américains morts en Irak depuis l’invasion américaine dans ce pays en 2003, selon les décomptes des médias basés sur les chiffres du Pentagone.


La branche irakienne du groupe terroriste d’Al-Qaïda exige maintenant l’arrêt des recherches si les américains veulent assurer leur sécurité. L'État islamique en Irak a, en effet, demandé à l'armée américaine, dans un communiqué sur son site internet habituel, de cesser ses recherches si elle tient à la sécurité des soldats enlevés : « Vos soldats sont entre nos mains. Si vous tenez à la sécurité de vos soldats, ne les recherchez pas ».


Avertissement qui n’a, bien évidemment, pas été suivi d’effet. Pas moins de quatre mille soldats américains appuyés par des reconnaissances aériennes, les agences de renseignements et les forces irakiennes parcourent les régions rurales près de Mahmoudiya - région de canaux d'irrigation et de forêts de palmiers dattiers - et la ville voisine de Youssifiyah. Pour éviter de montrer une perte de contrôle de la situation, l'armée américaine promet de faire tout son possible pour retrouver les soldats. Elle vient de larguer des tracts par avion dans l'espoir de recueillir des informations et les troupes intensifient leurs recherches malgré les menaces du groupe terroriste. Elle a également interrogé des centaines d'Irakiens et détient 11 suspects dans le cadre de ses opérations de recherches.


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Les soldats américains en poste en Iraq et en Afghanistan se tournaient de plus en plus vers des sites Web communautaires comme
YouTube et MySpace pour partager extraits vidéos, images ou nouvelles sur leur vie quotidienne avec les êtres aimés et le reste du monde. Une étude a montré que MySpace, YouTube entre autres figuraient parmi les plus visités par les militaires. Séparés de leur famille, de nombreux soldats utilisaient une dizaine de sites de socialisation. Internet était un moyen pour ces soldats de maintenir un lien de proximité avec la famille, des enfants ou des amis. Ils ont également la possibilité de tenir un journal sur internet, dit « milblog », en utilisant les connections militaires - à la seule condition qu'ils ne révèlent aucune information pouvant compromettre leurs missions.


Le Pentagone vient d’interdire l’accès à une douzaine de sites internet de partage ou de socialisation comme MySpace et YouTube sur son réseau informatique interne. Les sites de vidéos interdits sont YouTube, Metacafe, Ifilm, StupidVideos et FileCabi. Ceux de socialisation sont MySpace, BlackPlanet et Hi5. Ceux de partage de musique sont Pandora, MTV, 1.fm et live365. Celui de partage de photos est Photobucket. La plupart, les soldats américains déployés dans les zones de guerre du Proche-Orient n’ont accès à Internet qu’au moyen des réseaux du département de la Défense.


Selon le porte-parole de l'armée états-unienne, Jeffrey Gordon, relayé par l'AFP, cette régulation a d'abord pour objectif de limiter les échanges de données engendrés par la mise en ligne et les téléchargements de vidéos, ce qui permet ainsi d'alléger le réseau. Elle viserait de plus à prévenir toute infiltration des systèmes informatiques militaires par des programmes malicieux ou espions dissimulés dans des fichiers par des pirates. La régulation ne s'applique toutefois pas aux ordinateurs personnels des militaires qui pourront toujours se connecter à ces sites avec leur propre matériel et leur propre connexion Internet.


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En terminant, la tournée du vice-Président américain en Asie du Sud-Ouest n’a pas fait l’unanimité dans les pays visités. Des quotidiens saoudiens, jordaniens, des Émirats et d’autres journaux de langue arabe ont précédé son arrivée en lançant des attaques très dures contre lui. Al-Khazen cite en exemple l’ancien directeur de la CIA, George Tenet, qui, dans son nouveau livre, écrit que Dick Cheney dirigeait les opérations pour la guerre depuis la Maison Blanche. « Cheney est tellement éhonté qu’il a évité à cinq reprises de faire son service militaire pendant la guerre du Vietnam, mais maintenant il envoie de jeunes Américains se faire tuer en Irak ».


(Sources : Associated Press, Agence France Presse, Reuters, Cyberpresse)


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